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Septembre 2019

Croissance, déficit : le gouvernement revoit à la baisse ses ambitions pour 2020

septembre 2019


Du 14/09/2019 par Renaud Honoré pour Les Echos

Le gouvernement table désormais sur une croissance de 1,3 % l’an prochain, moins élevée que le +1,4 % qui était attendu il y a deux mois. Ce léger ralentissement et l’impasse faite sur certaines économies conduisent à alourdir le déficit prévu, désormais fixé à 2,2 % de PIB (contre 2,1 % attendus en juillet), soit quasiment le même niveau qu’en 2019 hors éléments exceptionnels. La dépense publique augmentera d’environ 25 milliards.

Officiellement, le gouvernement continue de suivre la même feuille de route pour le rétablissement des comptes publics. Le projet de loi de finances pour 2020 qui sera présenté à la fin du mois montre toutefois les signes d’une pause, alors que les braises de la crise sociale ne semblent pas complètement éteintes. Le gouvernement vise en effet un déficit de 2,2 % de PIB en 2020, selon le document envoyé ce vendredi au Haut conseil des finances publiques, alors que la prévision était de 2,1 % il y a deux mois et même de 2 % en avril dernier.

« Il faut remonter à 2001 pour trouver un déficit en deçà », se réjouit-on à Bercy. Les finances publiques françaises semblent pourtant embarquées sur un plateau, plutôt que sur une pente descendante à fort coefficient. En façade, ce chiffre pour l’an prochain traduirait, certes, une nette baisse par rapport au déficit de 3,1 % attendu cette année. Sauf que ce dernier intègre un élément exceptionnel, la transformation du CICE en baisse de charges pérenne. Retraité de cet effet, le déficit pour 2019 naviguerait plutôt autour de 2,2 % ou 2,3 %, soit quasiment le niveau espéré pour l’an prochain…

Même évolution d’ailleurs pour le déficit structurel (hors éléments de conjoncture) qui sera stable d’une année sur l’autre, à rebours de la diminution réclamée par les Traités européens. Du coup, le niveau de la dette publique ne devrait guère bouger, à 98,7 % de PIB (98,8 % en 2019).

Croissance au-dessus de celle de la zone euro

Ce scénario plus gris que celui espéré au printemps dernier s’expliquerait pour moitié par la dégradation de l’environnement économique , selon les experts de l’exécutif. Ainsi le gouvernement voit désormais la croissance s’établir à +1,3 % l’an prochain, alors qu’il espérait +1,4 % il y a encore deux mois. Cela marquerait un ralentissement par rapport au +1,4 % toujours attendu cette année. Néanmoins, « la France resterait au-dessus de la moyenne de la zone euro, qui devrait connaître une progression de l’activité économique de +1,2 % », assure-t-on à Bercy.

Ce scénario est fondé sur l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne via un accord, mais un « hard Brexit » ne changerait pas fondamentalement la donne, estiment les experts budgétaires du ministère. L’autre explication à ces comptes dégradés vient des suites du mouvement des « gilets jaunes ». A la sortie du Grand débat, Emmanuel Macron a décidé pour environ 6,5 milliards d’euros de mesures nouvelles ( baisse de l’impôt sur le revenu et réindexation d’une partie des pensions) qui n’ont été finalement que très partiellement financées. Le gouvernement a notamment renoncé à trouver les 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires qu’il envisageait au début de l’été. A cela s’ajoutent quelques gestes concédés ici ou là - comme celui lié à la grève des urgences - qui ont allongé la facture.

Au final, la dépense publique devrait donc grossir d’un peu moins de 25 milliards d’euros l’an prochain, soit une progression en volume (hors inflation) de 0,7 %. En juillet, la croissance attendue était de +0,5 %, signe que les efforts se sont légèrement relâchés. « L’objectif de réduction de 3 points de PIB du poids de la dépense publique (sur le quinquennat) est toujours en ligne », argue-t-on à Bercy. Le taux sera à 53,4 % du PIB en 2020, contre 53,8 % en 2019.

Dans ce tableau, la poursuite de la descente en flèche des taux d’intérêt se révèle être une divine surprise pour les gestionnaires de Bercy. Ces derniers anticipent une baisse de 3 milliards de la charge de la dette en 2019 par rapport aux attentes d’il y a un an, et encore de 5 milliards supplémentaires l’an prochain. De quoi combler une partie du dérapage.

à suivre dans Les Echos

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