Un espace de communication... Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, l’avis des lecteurs, c’est au quotidien..., la “Lettre” mensuelle...
Accueil du site > PROPOS DE PRESSE > Juillet 2019> Nouvelles règles du chômage : au moins 1,2 million de perdants (...)

Juillet 2019

Nouvelles règles du chômage : au moins 1,2 million de perdants ?

juillet 2019


Du 12/07/2019 par Catherine Abou El Khair pour L’EXPRESS

Selon le gouvernement, un "maximum" de 700 000 personnes seraient pénalisées par le durcissement prochain des règles de l’assurance chômage. L’Unédic compte le double.

Combien de personnes concernées par le durcissement des règles de l’indemnisation chômage ? Alors que la réforme vient d’être traduite dans un décret qui sera soumis, pour consultation, aux partenaires sociaux le 16 juillet prochain, la question a ouvert une nouvelle bataille de chiffres entre le gouvernement et les syndicats.

Selon le ministère du Travail, un "maximum" de 600 000 à 700 000 personnes perdrait des droits dans le nouveau système qui entrera progressivement en vigueur à partir du 1er novembre 2019. Une estimation nettement en-deçà de celles des syndicats. En se basant sur un document technique de l’Unedic, ils considèrent qu’au moins 1,2 million de personnes seraient concernées par le durcissement des règles introduites par la réforme.

La réforme du mode du calcul de l’allocation chômage est à l’origine de cet effet massif. A compter du 1er avril 2020, celui-ci va être modifié : le salaire de référence sera établi sur une base mensuelle et non plus sur les jours travaillés. Avec cette nouvelle règle, les personnes qui ne travaillent pas à temps complet vont mécaniquement voir leur indemnité journalière réduite. L’objectif du gouvernement est clair : qu’aucun chômeur ne touche plus au chômage qu’en travaillant. Il espère ainsi faire reculer la "permittence", pratique consistant à alterner périodes de chômage et contrats courts, sans jamais signer de CDI.

"Une personne peut être touchée par plusieurs règles"

Mais ce n’est pas tout : le durcissement des conditions d’accès à l’indemnisation va également toucher près de 500 000 personnes, selon l’Unédic. Dès novembre 2019, il faudra avoir travaillé 6 mois sur 24 (au lieu de 4 mois sur 28) pour avoir droit à une allocation.

Même logique pour les droits "rechargeables", qui concernent, eux, les demandeurs d’emploi déjà indemnisés par l’assurance chômage. Les périodes courtes de travail ne suffiront plus pour générer de nouveaux droits à l’avenir. Alors qu’auparavant, il suffisait d’avoir travaillé un mois pour rallonger d’autant sa durée d’indemnisation, il faudra à partir de novembre 2019 cumuler au moins six mois.

Combien de personnes seraient au total concernées par ces changements ? La réforme pourrait concerner bien plus de 1,2 million d’individus, mais les syndicats s’en tiennent pour l’instant à ce chiffre. "Une même personne peut être touchée par plusieurs règles, explique Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT. Par exemple, cumuler une allocation calculée désormais sur une base mensuelle et ne plus pouvoir recharger ses droits".

En clair, certains travailleurs précaires risquent de subir la double peine : en enchaînant des contrats d’une durée inférieure à six mois par exemple, leur indemnisation sera plus faible et leur contrat, trop court, ne leur permettra pas d’ouvrir des droits rechargeables. Une étude commandée par la CFDT à l’Unédic, prévue pour la rentrée, devrait permettre d’y voir plus clair.

Moins de 2% des chômeurs concernés par la dégressivité ?

Une toute autre analyse se fait quant à l’autre mesure emblématique mise en avant par le gouvernement : la dégressivité de l’allocation pour les hauts salaires. A compter du 1er novembre, les nouveaux chômeurs touchant plus à 4 500 bruts par mois (soit 3 500 euros nets) verront leur indemnisation réduite au début de 7e mois d’indemnisation de 30% avec un plancher néanmoins fixé à 2261 euros par mois. Seule exception : les demandeurs d’emploi de plus de 57 ans.

D’après les calculs du ministère du travail, 80 000 personnes seraient concernées par cette dégressivité. Mais les calculs de l’Unédic suggèrent un nombre plus faible. Tous âges confondus, 65 000 personnes, soit 2,5% du total des allocataires indemnisés, ont perçu une rémunération supérieure à 4 000 euros net en 2107. Mais pour évaluer le nombre de personnes réellement concernées, il faudra enlever de cette fourchette les demandeurs d’emplois âgés de plus de 57 ans qui ont généralement les revenus les plus élevés. Combien sont-ils ? Impossible à chiffrer pour l’instant, mais au global, le nombre de personnes concernées ne dépassera pas les 2%. Une mesure avant tout symbolique donc.

à suivre dans L’EXPRESS

Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012