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Juillet 2019

Les Européens sur le qui-vive face à la tentation réformiste grecque

juillet 2019


Du 08/07/2019 par Gabriel Grésillon, Derek Perrotte (Bureau de Bruxelles) pour LES ECHOS

Réunis en Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro se sont abstenus de toute mise en garde explicite au nouveau gouvernement grec. Mais l’inquiétude commence à poindre devant la trajectoire budgétaire du pays.

Le changement de gouvernement ne modifie en rien les attentes des créanciers. C’est le message que les ministres des Finances de la zone euro, réunis ce lundi en Eurogroupe, ont commencé à faire passer, au lendemain de la victoire du leader conservateur , Kyriakos Mitsotakis, aux élections législatives grecques.

Retenue

Certes, la retenue était de mise, alors que la nouvelle équipe gouvernementale n’était pas encore en place à Athènes. Pierre Moscovici, le commissaire européen en charge des Affaires économiques, s’est ainsi contenté d’affirmer qu’il fallait, « bien sûr, rester dans les clous », tout en louant le fait que la Grèce ait pris « plutôt un bon démarrage » depuis qu’elle est formellement sortie du programme de surveillance que lui imposaient ses créanciers. À la fin de la réunion, le Directeur Général du Mécanisme européen de stabilité, Klaus Regling, se faisait plus clair, avouant son « inquiétude face à certaines décisions prises au cours des deux derniers mois » et promettait de « suivre cela de près. »

Mais loin des micros, une certaine inquiétude était perceptible, au moment où la trajectoire budgétaire du pays s’éloigne du cadre fixé avec les Européens. Alors qu’Athènes s’était engagée à dégager, cette année encore, un surplus budgétaire primaire (donc hors versement du service de la dette) de 3,5 % du PIB, cette perspective s’éloigne. La Banque de Grèce table sur 2,9 %. La faute aux mesures prises par Aléxis Tsípras, le premier ministre sortant, en amont des élections législatives. En particulier le treizième mois pour les petites retraites, la baisse de la TVA sur les produits alimentaires et la revalorisation du salaire minimum de 11 %. Une revalorisation qui faisait suite aux coupes deux fois plus fortes du même salaire minimum imposées par les créanciers…

Mesures de relance

Le troisième rapport de surveillance du pays, présenté lundi, s’avère plus critique que les précédents. « On sent que de plus en plus de parties prenantes deviennent un peu nerveuses face au report de certaines réformes et à de nouvelles dépenses », prévenait, en amont, un fonctionnaire européen.

La lente adaptation de l’économie grecque

« Revenir sur les engagements pris par la Grèce serait une impasse. Ce n’est ni dans son intérêt ni dans celui de la zone euro et cela recréerait des tensions inutiles pour le pays qui serait sans doute immédiatement sanctionné par les marchés », lâchait lundi un responsable européen. Un autre proche des discussions soulignait que « le surplus primaire de 3,5 % fait partie intégrante de l’accord de 2018 » signé entre Athènes et ses créanciers. Or cet objectif a été remis en cause par tous les partis politiques durant la campagne des législatives grecques. Le nouveau ministre des Finances devra très probablement passer un baptême du feu houleux lors de l’Eurogroupe de rentrée, en septembre, alors que Kyriakos Mitsotakis a promis des mesures de relance par des baisses d’impôts.

Sursis italien

A l’opposé, la pression est redescendue d’un cran sur l’Italie. Les ministres devaient suivre la recommandation de la Commission européenne de renoncer à lancer une procédure pour déficit excessif suite aux nouveaux engagements budgétaires pris par Rome de maintenir son déficit à 2,04 % cette année. Giovanni Tria, le ministre des Finances, a promis de « continuer dans cette direction ».

à suivre dans LES ECHOS

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