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ÉDITORIAL

En politique, un prétexte passe-partout abusif : c’est la « faute du passé » !

Un argument trop souvent évoqué pour pallier l’incapacité du passage à l’action…

mars 2019


Le mouvement des « Gilets jaunes » a fini par déranger sérieusement le pouvoir « politique » et interpeller l’opinion. Les raisons évoquées au départ se sont enrichies au point d’être révélatrices d’une profonde « crise sociale » inattendue, mais sous-jacente. Les violences associées aux manifestations ont réduit sensiblement leur potentiel de soutien et de sympathie dans le public.

Une « crise sociale » inédite à durée indéfinie…

Le « mal » persiste dans le temps malgré l’ouverture d’une tirelire de plus de 12 Md€, non financée mais prétendument anticipée. Les réactions politiques et médiatiques restent confuses. Dans un « va et vient » incessant, tantôt de soutiens au mouvement, tantôt de critiques aux manifestants, les médias prennent leur part dans des interprétations hasardeuses à propos de cet engagement multifacette, plus ou moins apprécié.

Un mouvement qui perdure à la recherche d’un second souffle – source : francesoir.fr


L’Exécutif est en panne de solution pour réduire la contestation. L’idée d’organiser un « grand » débat se voudrait être un palliatif. Cependant, les défilés et les manifestations, souvent violentes, sous l’influence de casseurs se poursuivent chaque week-end depuis quatre mois sur fond d’un « grand » débat en place depuis la mi-janvier. Sur le terrain, le débat entre citoyens passe au second plan. Il est de fait empêché, usé et abusé, dans une excessive opération de COM’, organisée par le « Pouvoir ». Il perd de sa crédibilité. Au-delà d’un enthousiasme relatif, face aux nombreuses frustrations attendues, seuls les résultats concrets compteront. Qu’en sera-t-il à l’issue d’un « pseudo » dépouillement informatique, classé, repensé et synthétisé autour d’idées simples et en soutien de résolutions toutes préparées ?

Le constat : des raisons objectives de s’inquiéter

La dette est toujours là. Elle continue à s’accroître, atteignant les 100% du PIB. Quant au déficit, il aura du mal à se tenir dans la limite des 3% de l’Union européenne. Les promesses et les bonnes intentions ne suffisent pas pour entamer un réel reflux. En 2018, les dépenses publiques représentent 45,3% du PIB, dépassant les 1000 milliards d’euros ! Il va de soi que les impôts et taxes ne peuvent qu’augmenter pour pallier ces dépenses en 2019 ! C’est pourquoi, faute d’un taux de croissance spectaculaire, bien supérieur à 1,5%, pendant plusieurs années, les principaux indicateurs économiques resteront dans le rouge (chômage, commerce extérieur, etc.) Sans réduction massive des dépenses de l’État, associée à une conjoncture internationale plus favorable, toute amélioration en matière de déficit est exclue ! La Cour des Comptes le répète avec ses mots : les caisses sont vides !

Les chiffres « parlent » d’eux-mêmes. Comment réagir ? – montage : clubespace21.fr


Première étape : convaincre l’opinion de la gravité de la situation

Devant cette situation de « crise » sociale et économique, le « Pouvoir » veut faire prendre conscience à l’opinion de la gravité de la situation. Cette cause d’inquiétude est présentée comme le résultat cumulatif de dizaines d’années de dépenses excessives, de vie à crédit au-dessus de ses moyens et/ou d’assistanat permanent. Les crises chroniques en Europe et dans le monde, illustrées par quelques courbes et quelques chiffres, suffisent à conforter le point de vue officiel, tout en masquant habilement, le cas échéant, de récents dépassements injustifiés. La classe moyenne est visée, cadres et retraités. Perturbés et inquiets, les citoyens dans leur ensemble vont devoir accepter des mesures de rigueur et d’austérité, tout en préservant leur sécurité. L’opinion s’inquiète. Si elle prend peur, elle s’interroge et finit par se culpabiliser. C’est l’objectif à atteindre pour que le message passe…

Deuxième étape : affirmer que c’est toujours de la faute du passé !

Devant l’incapacité de résoudre le problème, la solution de facilité consiste à affirmer que c’est de la « faute du passé ». Cela permet aux intervenants de taxer les prédécesseurs à l’origine de cette crise d’immobilisme et d’incapacité ! Ce réflexe passe-partout abusif permet de présenter la situation du moment comme le résultat de l’inconscience des politiques précédentes depuis plusieurs dizaines d’années, trop attentives à satisfaire de manière excessive et désordonnée les besoins sociaux d’une population passive.

Tous responsables : un prétexte « passe-partout » abusif – montage : clubespace21.fr


La référence à la faute du passé devient un slogan officiel, repris en cœur. Les éditorialistes et les médias emboîtent le pas pour accentuer la pression à chaque occasion. L’Exécutif, le gouvernement et la majorité se dédouanent du cumul de ces erreurs. Pour eux, le contexte n’est qu’un simple révélateur de cet ensemble de manquements du passé.

Troisième étape : prêcher le changement pour éviter le chaos…

Dans les circonstances actuelles, la sécurité au sens large est une des préoccupations majeures pour la population. Elle s’ajoute à l’inquiétude liée à la « crise sociale ». Grace à ces seules raisons, partagées par une majorité de citoyens et reprises par la presse, le pouvoir a les mains libres d’une part pour annoncer les changements accompagnés d’éventuelles virtuelles réductions de dépenses publiques, d’autre part pour proposer des augmentations de taxes et d’impôts, destinées à renforcer ses ressources et pallier ses manques. L’État cherche à montrer qu’il maîtrise la situation pour impressionner le citoyen. C’est lui qui affirme détenir la « clé » pour sortir de la crise. La solution préconisée par le « Pouvoir » est synonyme d’un choix à faire entre le changement ou le chaos…

Le « grand » débat plein d’incertitudes diversement apprécié – montage : clubespace21.fr


Le contenu des annonces et le style de communication sont des outils fondamentaux pour prêcher d’une même voix et pour convaincre. La « COM’ » et le « paraître » tiennent à nouveau le « haut du pavé ». Il faut séduire et persuader que le fait de se serrer la ceinture et d’avaler une nouvelle pilule devient un acte citoyen méritant. Cette méthode est efficace dans un premier temps. Les dirigeants sont là pour expliquer les raisons du changement avec un brin de solennité en faisant peur et en laissant un goût de culpabilité aux citoyens. La technique du changement tous azimuts, considéré comme le remède de tous les maux, peut aller bien au-delà des raisons et des limites de la « crise ». C’est une forme de diversion hors du contexte qui permet de noyer le poisson, avant de risquer de se terminer elle-même en impasse.

Et pourtant la référence au passé est fondamentale…

Si l’essentiel est de rétablir la confiance, elle ne s’acquière que dans les faits et dans le concret. Ce processus en 3 étapes ne peut pas se répéter. Il traduit au contraire une faiblesse du « Pouvoir » en quête de solution durable. L’ignorance permanente du passé reflète un manque de maturité qui n’échappe plus à personne.

Bien entendu, le passé a son importance et on ne peut et on ne doit pas l’ignorer. Il sert de référence, d’expérience au travers des réussites et des échecs. C’est une base de données déterminante qu’il convient de replacer dans le contexte environnant du moment (au sens propre comme au sens figuré).

La « crise sociale » actuelle comme celle de la dette ne peuvent pas que trouver leurs origines dans le passé, le point de vue inverse montre qu’elle est, d’abord et avant tout, due à une politique permanente défaillante souvent entretenue par le « Pouvoir » qui la dénonce

Nul n’est là pour nier une règle simple : si « les mêmes causes produisent les mêmes effets », il ne faut jamais oublier avant d’en tirer les conclusions que « les raisons des causes ne sont pas les mêmes ».

Jacques Martineau

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