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Février 2019

La réforme empoisonnée du chômage renvoyée après les Européennes

février 2019


Du 27/02/2019 par Catherine Gasté pour Le Parisien.fr

Après une phase de concertation, le gouvernement présentera sa réforme de l’assurance-chômage « au printemps » pour une entrée en vigueur, par décret, « à l’été ».

Dégressivité des allocations, bonus-malus sur les CDD, révision des règles de calcul des indemnités chômage… Attention sujets inflammables ! Après le forfait retentissant des partenaires sociaux, le gouvernement hérite du mistigri de la réforme de l’Assurance chômage.

Une partie qu’il reprend en main et dont il se serait bien passé tant elle est périlleuse socialement. Il s’agit en effet de réaliser 3 à 3,9 milliards d’économies sur trois ans pour les caisses de l’Unédic. En clair, cette réforme sera douloureuse pour certains. Un traitement de cheval imposé et explosif qui explique évidemment pourquoi les partenaires sociaux gestionnaires de l’assurance-chômage ont finalement jeté l’éponge, la semaine dernière, après quasiment trois mois de négociations infructueuses. Le président de la République les a d’ailleurs accusés de « se défausser sur le gouvernement ».

Quoi qu’il en soit, l’exécutif est maintenant au pied du mur. Le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont présenté ensemble ce mardi le calendrier des prochains mois. L’idée est d’aller vite… tout en gagnant du temps pour enjamber les élections européennes (le 26 mai prochain), une période jugée dangereuse socialement. « On redoute un printemps difficile », confesse une source gouvernementale. Il n’y aura pas de loi, mais un décret qui sera publié « pendant l’été » avec effet immédiat, après des décisions « au printemps ».

Abaisser le plafond de l’allocation maximum

La méthode est déjà bien rodée : comme pour la réforme des retraites, on concerte à tour de bras et on décide après. Au total, une cinquantaine de réunions sont prévues, toutes en bilatérales. Loin de bouder les leaders des syndicats et du patronat après cet échec, le gouvernement joue patte de velours avec eux. « Cela ne remet en rien en cause leur rôle dans la gestion de l’assurance-chômage », assure-t-on au ministère du Travail. Les leaders seront d’ailleurs les premiers reçus à partir de jeudi. Ensuite, les négociateurs, puis les discussions seront ouvertes à d’autres acteurs : Solidaires, l’Unsa, les associations de chômeurs, Croissance plus, le Centre des jeunes dirigeants, mais aussi des parlementaires… D’abord pour parler « diagnostique partagé », ensuite des solutions qui seront examinées lors d’un deuxième round de discussions. C’est là qu’on entrera dans le dur.

Le premier sujet porte sur la révision des allocations-chômage des cadres supérieurs. L’idée date de cet été, soufflée par le député LREM Aurélien Taché, mais les syndicats ont refusé d’en parler. La CFE-CGC en a même fait une question taboue. Deux scénarios sont sur la table : soit abaisser le plafond actuellement de 6 200 € net d’allocation maximum à 5 000 € voire 4 500 € pour des économies pouvant aller jusqu’à 300 M€, soit introduire une dégressivité des allocations pour les hauts revenus.

Revoir la règle du cumul et des droits rechargeables

Pour enrayer l’abus des contrats de courte durée, le gouvernement n’abandonne pas l’idée d’un bonus-malus (qui braque le patronat). « Paieront plus à l’Assurance chômage les entreprises qui remettent toujours les mêmes personnes au chômage, explique Muriel Pénicaud. Par contre, les entreprises qui font des efforts, vont payer moins ». D’ici là, le gouvernement va passer au crible les comportements des entreprises qui abusent « et font reposer sur la collectivité cette gestion organisée de la précarité », tout en disant laisser la porte ouverte à d’autres solutions.

Autre piste sérieuse, le gouvernement veut aussi revoir les règles pour les chômeurs qui permettent, dans certains cas, de gagner plus en alternant périodes de chômage et d’activité qu’en travaillant à temps plein. Dans le collimateur : le calcul du salaire journalier de référence. Selon l’exécutif, la règle du décompte hebdomadaire des jours travaillés a des effets pervers : pour le demandeur d’emploi comme pour l’employeur, mieux vaut avoir plusieurs contrats dans le mois qu’un temps partiel en continu. Le gouvernement envisagerait donc un décompte mensuel.

Conjointement, il pourrait aussi revoir la règle du cumul et des droits rechargeables. Depuis 2014, un chômeur peut cumuler allocations et revenus et recharger ses droits au fil de l’eau.

Ces deux réformes représenteraient potentiellement les plus gros gisements d’économie, mais seraient aussi les plus explosives… Elles toucheraient directement au moins un chômeur sur cinq.

à suivre dans Le Parisien.fr

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