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Février 2019

Gaz à effets de serre : la curieuse hésitation gouvernementale

février 2019


Du 09/02/2019 par Michel Revol pour Le Point.fr

Le gouvernement veut modifier l’objectif de réduction des gaz à effet de serre parce que la consommation d’énergie ne baisse pas. Un bilan vient pourtant affirmer le contraire...

L’objectif était inscrit dans la loi depuis des années ; le gouvernement entend pourtant revenir dessus, selon plusieurs journaux qui, comme Libération, se sont procuré le projet de loi sur l’énergie bientôt discuté au Parlement. La France ne s’engagerait plus à réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, mais à parvenir à cette date à la « neutralité carbone » – ce qui est différent puisque cette neutralité peut être atteinte en compensant les émissions ou en stockant ces gaz.–

Par ailleurs, l’objectif initial de réduction de la consommation d’énergie passerait de 20 à 17 % d’ici à 2030. Deux révisions qui semblent avoir une même raison : la France ne parviendrait pas à diminuer assez vite sa consommation d’énergie. Au lieu de multiplier les efforts pour mieux isoler les bâtiments ou inciter chacun à moins rouler, le gouvernement se montre moins ambitieux...

Et pourtant ! Quelques heures avant la révélation de ce projet de loi, le bilan annuel de RTE, gestionnaire du réseau électrique national, est venu infirmer ce constat. En 2018, la consommation d’électricité a en effet diminué par rapport à l’année précédente, de 0,3 %. Cette tendance à la baisse, certes légère, est la même depuis dix ans ; elle n’est pas un simple accident dû, entre autres, aux températures clémentes. La production d’électricité, quant à elle, a augmenté de 2,4 GW (soit + 3,7 %). On pourrait supposer que les émissions de gaz à effet de serre ont bondi au fur et à mesure que la production gonflait. Mais le bilan dressé par RTE contredit cette impression : les émissions de CO2, qui est l’un de ces gaz, ont baissé de 28 % entre 2017 et 2018. La part des énergies renouvelables a en effet crû entre ces deux années : l’éolien, le solaire et l’hydraulique représentent 22,7 % dans la production totale d’électricité, contre 18,5 % en 2017.

Les énergies fossiles plongent

Le nucléaire a, de son côté, redressé la tête. Après une période de difficultés, puisque EDF a été contraint de mettre à l’arrêt un grand nombre de tranches, le parc nucléaire a produit 3,7 % d’électricité en plus en 2018. Comme les énergies renouvelables, ce moyen de production, décrié pour plusieurs raisons (traitement des déchets, coût de démantèlement, dangerosité...) ne produit pas – en tout cas pas directement – de gaz à effets de serre. En revanche, les énergies fossiles (charbon, gaz...), les plus polluantes, ont plongé de 26,8 % d’une année à l’autre !

La tendance semble donc favorable, d’autant qu’elle se confirme année après année. Si la mise en route de fermes photovoltaïques patine un peu (elle est légèrement sous les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie), la réalisation de champs d’éoliennes est conforme au but fixé par la loi. La baisse des objectifs du gouvernement, si elle est confirmée, peut donc interroger. Contacté par Libération, le cabinet du ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a toutefois assuré que le texte du projet de loi était « encore susceptible de bouger »...

à suivre dans Le Point

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