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Janvier 2019

Augmentation de la prime d’activité : une solution à court terme

janvier 2019


09/01/19 par la Fondation Ifrap pour Le Figaro.fr

LE MACRONOMÈTRE - Pour répondre à la grogne des « gilets jaunes », le gouvernement a annoncé une hausse de la prime d’activité. Si cette prime a des avantages, elle laisse néanmoins des questions en suspens. Cette mesure est notée 5/10 par l’iFRAP. Chaque semaine, le think-tank libéral publie sur Le Figaro.fr une évaluation d’une des mesures d’Emmanuel Macron.

Elle existe depuis 2016, en remplacement de l’addition de la prime pour l’emploi et du RSA activité. Contrairement à ses prédécesseurs, la prime d’activité a eu un succès rapide, n’ayant pas besoin d’être demandée pour être accordée. Son objectif ? Que le travail paye et qu’avant tout, que ceux qui travaillent au SMIC gagnent (un peu) plus que ceux qui cumulent les aides sociales en ne travaillant pas. Pour cela, le montant de la prime dépend de la totalité des ressources du foyer (plus les prestations familiales et les aides au logement) et de sa composition. Dès 2016, les 4 milliards d’euros prévus se sont révélés insuffisants : fin 2017, les 2,7 millions de bénéficiaires de la prime d’activité portent le coût du dispositif à 5,1 milliards, un coût en constante augmentation.

Nous sommes dans un véritable paradoxe : le smic horaire est élevé en France et il faut néanmoins ajouter des aides de l’État pour inciter à travailler. L’État est parvenu à un stade où il est contraint de couvrir une partie importante de la rémunération du salarié, non seulement en annulant les charges sociales aussi bien patronales que salariales et, notamment cette année, en prenant en charge un complément important de salaire qui ne supporte déjà, ni charges salariales, ni impôts sur le revenu.

Peu à peu, on oppose deux catégories de salariés : ceux proches du SMIC qu’il faut aider, et ceux à partir du milieu de l’échelle des salaires, qui paient leurs cotisations à leur maximum, et doivent en outre compenser le déficit de cotisations des premiers.

Pour répondre à la crise des gilets jaunes, le gouvernement a donc préféré l’élargissement de la prime d’activité à la hausse du smic. Les conditions ont été modifiées avec le passage du plafond de ressources à 1,5 smic contre 1,2 précédemment. Ainsi, le montant de la prime devrait être d’au minimum 100 euros au niveau du SMIC et jusqu’à 200 euros. Le coût de la prime d’activité pour l’État était estimé à près de 6 milliards pour 2018… Le coût de l’augmentation de la prime d’activité serait d’environ 2,7 milliards d’euros. La prime d’activité en 2019 va donc atteindre au total 8 milliards d’euros.

Plusieurs avantages

Néanmoins, la mesure prime d’activité a plusieurs avantages : elle répond bien à la problématique du moment, qui est celle des fins de mois difficiles avec un smic qu’il n’est pas possible d’augmenter davantage pour l’employeur qui le paie (le smic français à 10,06 € brut de l’heure début 2019, le salaire minimum 8,84 € en Allemagne) ; elle est efficace dans la mesure où elle est accordée automatiquement et elle est censée s’adapter en temps réel à la situation de famille du bénéficiaire. Enfin, elle éloigne la situation financière du non-travailleur de celle du travailleur au smic.

Cela dit, la problématique du smic, de la prime d’activité et des aides sociales doit être pensée dans sa globalité.

à suivre dans Le Figaro.fr

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