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ÉDITORIAL

Europe ! Europe ! Faut-il encore savoir de quoi on parle ?

« Mal nommer les choses » ajoute à la confusion...

janvier 2019


« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » disait Albert Camus. Disons en le paraphrasant que « Mal nommer les choses », c’est provoquer une incompréhension à la source de tous les conflits.

Les médias, sciemment ou pas, (on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment) emploient volontiers le terme « Europe » en l’assaisonnant de diverses manières, pour nous qualifier d’europhobes, d’europhiles ou d’eurolâtres. On ne sait pas très bien si ceux-ci sont hostiles ou non à une « Europe » ou à un « euro », monnaie unique, ce qui permet d’encenser les uns et de diaboliser les autres.

L’Europe ne se limite pas à l’« Espace Schengen »…

L’Europe n’est pas autre chose qu’un Continent, entité géographique, allant de l’Atlantique à l’Oural et dans laquelle, au cours des siècles se sont forgées des nations. On compte à ce jour, quarante quatre Etats souverains, (héritiers de la civilisation gréco-romaine et berceau de la civilisation occidentale). Six autres pays sont en partie en Europe et en partie en Asie. Ils se sont créés soit en réunissant des populations hétérogènes ou en les faisant éclater. Tous ces Etats souverains sont membres du Conseil de l’Europe. Ils représentent plus de 850 millions d’habitants.

L’Union européenne... Ce n’est pas l’Europe ! – source : Council of Europe


En droit international, un Etat souverain est constitué d’Institutions sur lesquelles il exerce une autorité. La légitimité de cette autorité repose sur la souveraineté du peuple et de la Nation. Aujourd’hui l’Union européenne est une association économique et politique, composée de 27 membres, pour un total de 446 millions d’habitants, après le départ du Royaume-Uni. Principal atout, remarquable et essentiel, cet ensemble disparate a été en mesure de préserver la paix au travers de ces différentes transformations.

En revanche, petit à petit, la loi du plus fort a toujours prédominé, entrainant l’absence de reconnaissance des identités et des libertés de chaque pays partenaire. Bruxelles a toujours raison. Le sentiment permanent de culpabilité est un obstacle à l’initiative et au développement. Faute de vrai débat et de dialogue objectif sur le sujet, l’ensemble européen finit par se fractionner en diverses autres entités aux nombreux pseudopodes et aux objectifs parfois contradictoires (Cf. Les plaques tectoniques, décrites par Georges Seguin).

L’Union Monétaire Européenne est un leurre. Si 19 membres ont adopté l’Euro comme monnaie unique, certains des 6 autres ne semblent pas être prêts à renoncer aux avantages de leur monnaie nationale et 2 autres (Suède et Danemark) qui y ont fermement renoncé, conservant par la même une certaine souveraineté en la matière. C’était déjà le cas pour le Royaume-Uni avant le Brexit.

Une monnaie unique qui n’a pas fait l’unanimité – source : Le revenu


C’est dans cette Union qu’a été délimitée une zone géographique, dénommée « Espace Schengen », définie comme un Espace de liberté, de sécurité et de justice. En principe le franchissement de ses frontières intérieures s’effectue librement, sans passeport et sans contrôle. Dans les faits, il ne comprend que 22 membres de l’union européenne, 4 Etats non membres de l’UE, par ailleurs, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie et Chypre ne font pas partie de l’Espace Schengen.

Préserver son identité et son indépendance dans une Union de Nations n’est pas une négation !

Ce sont ces trois mots « Souveraineté, Nation et Identité » avec leur occultation par les uns ou leur négation quasi totale par les autres qui font l’objet de conflits, à des fins politiques ou marchandes.

Leur interprétation varie d’un pays à l’autre. La complexité résulte d’un système où se conjugent des approches idéologiques différentes et des égoïsmes nationaux. A cela s’ajoutent la disparité des produits intérieurs bruts, des régimes sociaux et fiscaux allant du simple au décuple !

Une Union européenne complexe difficile à maîtriser - source : Wikipédia


La complexité du système actuel rend impossible sa gouvernance. Personne n’est dupe, mais personne n’ose aborder le sujet. Des accords bilatéraux ne suffiront pas à assurer sa survie. L’ensemble rend illusoire, sinon incertain, toute harmonisation, même à long terme…

A propos de l’Union européenne, des analystes ou économistes objectifs, évitant de part et d’autre, les excommunications et anathèmes, ne peuvent pas s’exprimer. Ils sont souvent remplacés par des journalistes ou des présentateurs de télévision, accaparant le devant de la scène, avec d’autres intervenants beaucoup plus soucieux de leur paraître que de l’objectivité du débat. Cette attitude est devenue courante. Elle est associée à l’absence de volonté pédagogique pour expliquer, autour d’un vrai débat, respectant différents points de vue, ce qu’est ou pourrait être une politique économique autour de valeurs communes à stimuler. Cette attitude, trop fréquente, aboutit à des positions extrêmes dans leurs interprétations.

Élections 2019 : un choix crucial pour accepter de repenser l’« Europe » autrement ?

Le constat est simple : l’Union européenne est en panne. Il n’y a plus de projet crédible. Les fractures politiques s’aggravent. Les qualifications d’europhiles ou d’europhobes interdisent tout débat. Par ailleurs, la situation économique se dégrade. L’Union européenne et la Commission ont besoin d’être remises en cause. C’est de l’« Europe » dont il faudra parler. Les prochaines élections en 2019 seront déterminantes pour l’ensemble des citoyens de l’Union européenne. Le choix crucial : doit-on reconduire une structure à bout de souffle ou accepter le risque de repenser l’« Europe » autrement ?

Maurice Gamond

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