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ÉDITORIAL

Eurostat : Un décodage indispensable…

janvier 2013


Avec Eurostat, la Commission européenne offre un accès permanent à un ensemble de statistiques officielles qui concernent à la fois l’UE et la zone euro. C’est une direction générale de la Commission qui collecte et harmonise les données en provenance des instituts nationaux des membres permanents, des pays candidats à l’adhésion et des pays de l’Association européenne de libre échange (AELE)...

L’information concerne un grand nombre de domaines économiques, démographiques et sociaux indispensable pour établir un premier comparatif entre les membres de l’Union. Une distinction est faite entre l’UE et la zone euro. La plupart du temps, il est aussi fait mention des statistiques des pays développés, principaux partenaires de l’UE.

Source : Eurostat

Source : Eurostat


Le site de la Commission européenne, Eurostat, vise à promouvoir l’accès du public aux informations relatives à ses initiatives et aux politiques de l’Union européenne en général. L’objectif de la direction générale en charge de cette mission est de diffuser des informations exactes et mises à jour. Mais la Commission européenne n’est pas juridiquement responsable en cas de litige...

L’UE et la zone euro dans le contexte international

Le monde financier, économique et social est en plein bouleversement. Avec une crise permanente, le développement continu des pays émergents (Brésil, Inde, Chine et Russie) confirme l’impact de la mondialisation face à une Europe atone, sous l’œil des pays du Golfe. L’instabilité augmente avec le prix du pétrole, celui de l’énergie, des matières premières et des denrées vitales. C’est également la guerre de l’eau, associée aux problèmes d’environnement avec le réchauffement de la planète. A tout cela, s’ajoutent les multiples trafics incontrôlés en tous genres et de nombreux conflits armés qui menacent la paix. La rupture pays riches - pays pauvres n’a pas cessé de s’accroître. Force est de constater que la plupart des pays contributeurs continuent de préférer une forme facile d’aide au développement au partenariat lié au co-développement.

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Source : Econdata.com


L’Europe, c’est un ensemble de 50 pays. 31 pays bénéficient d’une zone de libre échange. L’Islande, Le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse dans le cadre de l’AELE, les 27 autres composent l’UE dont 17 d’entre eux constituent la zone euro. Comme nous avons déjà eu l’occasion de le rappeler, l’UE à 27, avec 500 millions d’habitants, est la 1ère puissance économique : 26% du PIB mondial devant les EU 23%, la Chine et le Japon qui se retrouvent au 3ème et 4ème rang, autour de 9% chacun. Fin 2011, 167 des 500 plus grandes entreprises ont leur siège dans l’UE contre 153 aux EU et 67 au Japon. Et pourtant, la situation et les perspectives pour 2013 ne sont pas rassurantes.

Quelques indicateurs très révélateurs : dette, chômage et croissance

La dette ne cesse de croître dans l’UE et la zone euro. Elle frise les 85% dans l’UE et les 90% dans la zone euro. Début décembre, l’agence de notation Moody’s a baissé d’un cran le Mécanisme européen de stabilité (MES) : de AAA à Aa1 avec perspective négative. Une "décision difficile à comprendre" d’après Klaus Regling. Le patron du tout nouveau Mécanisme européen de stabilité a du mal à digérer la décision de Moody’s. Le MES est censé garantir la stabilité financière de la zone euro. Il dispose d’une capacité de prêt de 500 milliards d’euros. La dégradation de la France n’est pas étrangère à cette décision. C’est ce qu’explique Moody’s en rappelant que la France est le deuxième plus gros pays contributeur de ces deux outils. L’indicateur « clé » demeure les déficits publics qui étaient respectivement de 4,5% pour l’UE et de 4,1% pour la zone euro fin 2011. La FED, le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles vont servir d’arbitres et intervenir en fonction des circonstances en relation avec le G8 et le G20 et les membres de l’OCDE. Les marchés, les grandes banques, Goldman Sachs et les agences de notation (Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch & Ratings) vont influer sur les taux d’emprunts qui seront associés à la capacité de remboursement de chaque État. Rigueur et austérité impliquent que plus la situation est difficile, plus les taux seront élevés et le chômage aussi !

Une première estimation pour le troisième trimestre 2012, montre que l’emploi est en baisse de 0,2% dans la zone euro et l’UE27 (respectivement -0,7% et -0,5% par rapport au troisième trimestre 2011). Les taux de chômage sont de 10,6% dans l’UE et de 11,6% dans la zone euro. Plus de 25% de jeunes et 36% d’actifs au delà de 50 ans sont sans emploi (source Eurostat- normes OIT). Le taux d’inactivité est un indice essentiel.

En moyenne, plus de 32% des européens (potentiellement actifs) se retrouvent sans emploi, au chômage ou avec un travail très précaire ! Même les pays « les plus performants » dépassent un taux de 25% d’inactifs ! Une mobilisation générale s’impose. C’est un combat pour l’activité et l’emploi qu’il faut mener et non contre le chômage !

Croissance atone ou récession ? Les indicateurs disponibles pour le deuxième trimestre 2012 sont illustratifs. Ils montrent une baisse sensible du PIB, aussi bien dans l’UE que dans la zone euro. Quelques exemples dans la zone euro : Allemagne (1%), France (0,3%), Pays-Bas (-0,5%) Espagne (-1%), Italie (-2,6%), Portugal (-3,3%), Grèce (-6,2%), etc… Dans l’UE : Suède (2,2%), Danemark (0,4%), Royaume-Uni (-0,8%), etc… Membres associés : Norvège (4,1%), Islande (3,8%), Suisse (1,8%). Pour cette même période, les États-Unis progressent de 2,2% et le Japon de 3,8% par rapport au second trimestre 2011. Qu’en sera-t-il pour les pays émergents, BRICM & SA ? Si les taux de croissance annuels fin 2011 étaient respectivement pour le Brésil : 2,2%, la Russie : 4,9%, l’Inde : 8,6%, la Chine : 9,0%, le Mexique : 4,4%, l’Afrique du Sud : 4,6%, l’Australie : 3,3%, la Corée du Sud : 3,4% et enfin pour le Canada : 2,1%, l’OMC prévoit un taux de croissance du PIB mondial de 2,5% pour 2012, probablement plus faible pour 2013 !

Conclusion : vers un Euro sans europe ?

L’Union européenne est un espace de paix prolongée, composée d’une mosaïque de pays tous différents. Ils ont leur langue, leur religion, leur culture, leur histoire, leur régime politique. Leur ambition et leur chance de réussite dépendent de leurs atouts ou de leurs manques, économiques et sociaux. Une partie de l’Union a été jusqu’à adopter une monnaie unique. L’avantage de cet ensemble doit-il se résumer à l’aménagement d’une simple zone de libre-échange à deux étages ? Les statistiques d’Eurostat sont révélatrices. Elles soulignent cette disparité. Les moyennes affichées montrent leurs limites.

La BCE propose de jouer un rôle en dernier recours pour les pays de la zone euro les plus en difficulté sous conditions de recours conjoint au MES (Fusion du FESF et du MESF) et au FMI. Mais les déséquilibres économiques Est-Ouest ou Nord-Sud ont mis en évidence les faiblesses de la maîtrise du système en place. La crise de la dette, l’absence de croissance et le chômage ont révélé une série de handicaps à surmonter dont le principal correspond à une absence de stratégie et de politique solidaire. A nouveau, le chacun pour soi prend encore l’avantage. Souhaitons que 2013 ne confirme pas une lente glissade vers un Euro sans europe…

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