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Novembre 2018

Fiscalité des carburants : la voiture pollue-t-elle tant que ça ?

novembre 2018


Du 05/11/2018 Sébastian Compagnon avec Victor Alexandre pour Le Parisien

Les gouvernements successifs ont mis en place une fiscalité frappant les carburants et les véhicules les plus polluants. Mais quelle est la part exacte de l’automobile dans la pollution atmosphérique ? Réponse.

La pollution de l’air est responsable de 48 000 décès chaque année dans l’Hexagone, selon une étude de l’organisme Santé publique France. Les principaux responsables ? Les particules fines (PM10), le dioxyde d’azote (NOx) et le CO2 (gaz à effet de serre). L’exposition chronique à ces substances provoque « une perte d’espérance de vie pour une personne âgée de 30 ans pouvant dépasser deux ans ».

Au nom de la santé publique et de la protection de l’environnement, les gouvernements successifs ont donc mis en place une fiscalité frappant les carburants et les véhicules les plus polluants. De quoi alimenter la colère d’une partie des automobilistes, aujourd’hui excédés par la hausse des prix à la pompe et des taxes.

Mais quelle est la part réelle de l’automobile dans la pollution de l’air en France ? Éléments de réponse.

Le chauffage émet plus de particules fines. D’après les chiffres du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), l’activité humaine qui produit le plus de particules fines en France n’est pas le trafic routier mais… le chauffage résidentiel ! Une journée de chauffage au bois équivaut à 3500 kilomètres parcourus par un véhicule particulier diesel ou 10 500 km par une voiture essence. D’ailleurs sur le plan national, l’automobile ne produit que 15 % des particules fines.

Mais prudence ! Les chiffres globaux ne traduisent pas la réalité de la pollution de l’air dans les agglomérations. En Ile-de-France, l’organisme Airparif évalue depuis 1979 la qualité de l’air grâce son réseau de capteurs. En prenant en compte les facteurs météo et l’intensité du trafic automobile « nos mesures montrent qu’environ un quart des particules fines proviennent directement du trafic routier, rapporte Charlotte Songeur, ingénieur chez Airparif. La proportion peut même doubler lors des pics de pollution ».

Les diesel, plus gros pollueurs. Quel que soit le mode de calcul, l’automobile est de très loin le mode de transport le plus polluant. L’aérien ne représente que 1,3 % des NOx et 1,1 % du C02 émis en France, selon l’étude Citepa. Mais localement, là encore, la donne peut changer. Selon Airparif, les plateformes aéroportuaires représentent 7 % des NOx rejetés dans l’air du Bassin parisien.

Sans surprise, les deux organismes décernent la palme du plus gros pollueur aux véhicules diesel. En Ile-de-France, les voitures, poids lourds et utilitaires roulant au gazole, sont à l’origine de 85 % des NOx. Et apportent la grande majorité des particules fines liées au trafic routier. Sauf que les pots d’échappement ne sont pas les seuls responsables. 40 % de ces NOx proviennent de l’abrasion des routes, pneus et freins. Une proportion étonnamment élevée. « Des solutions techniques existent pour limiter ces particules par abrasion, mais il faudrait les généraliser », remarque Charlotte Songeur.

Et pourtant, la pollution automobile est en baisse. Face aux critiques, les défenseurs des automobilistes rappellent que l’amélioration des technologies a permis de réduire les volumes de polluants de façon importante. Les filtres à particules sont généralisés depuis 2011 et les dispositifs anti-NOx depuis 2015. Résultat : les émissions de particules et de NOx liées au transport routier ont baissé respectivement de plus de 60 % et de 57 % entre 1995 et 2015. Un progrès mais qui ne réduit pas pour autant la dangerosité du diesel. « On a longtemps privilégié ce carburant, moins producteur de CO2, mais on connaît aujourd’hui le caractère cancérigène des particules fines, même avec les nouveaux filtres », relève Airparif.

La modernisation du chauffage, autre chantier prioritaire. En attendant, l’amélioration de la qualité de l’air en ville se joue sur d’autres fronts, comme la modernisation des chauffages à bois. « Avec des inserts adaptés pour les cheminées, on pourrait diviser le volume de particules par 50 ! », confie-t-on chez Airparif.

à suivre dans le Parisien

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