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ÉDITORIAL

Croissance et environnement : un vrai « dilemme » !

Un même enjeu pour préserver la planète…

novembre 2018


Peut-on parler de « dilemme » quand il s’agit de favoriser simultanément croissance et environnement ? Les enjeux ultimes pour l’humanité seront les mêmes : préserver la planète. Comme le laisse entendre le sens du mot, il s’agit bien là d’un « dilemme ». C’est-à dire que le résultat doit être le même !

De la Cop 21 à la Cop 23, tous les pays signataires (195) se sont engagés à réduire dans un premier temps les émissions de gaz à effet de serre et à limiter par tous les moyens le réchauffement climatique. En octobre de cette année, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), au travers d’une analyse scientifique élaborée, lance un message d’alerte sur le danger du réchauffement climatique estimé à 1,5°C (en 2040) et 2°C (en 2075).

Cette mise en garde, dans la mesure où l’ensemble des pays en prendra conscience, aura inévitablement un impact sur les comportements en terme de croissance économique et influera sur les marchés.

Le dernier rapport de l’OCDE attire notre attention. Une brève synthèse nous rappelle que si l’expansion économique est uniquement basée sur la croissance, les ressources en matières premières finiront par manquer avec de lourdes conséquences sur l’environnement et pour les populations.

Club Espace 21


Quelles conséquences pour la planète ?


De la part de l’OCDE



L’utilisation de matières premières devrait doubler d’ici 2060, ce qui aura de graves répercussions sur l’environnement


D’après un nouveau rapport de l’OCDE, l’utilisation de matières premières devrait pratiquement doubler dans le monde d’ici à 2060, accompagnant l’expansion de l’économie mondiale et l’élévation des niveaux de vie, ce qui exercera sur l’environnement une pression deux fois plus forte qu’aujourd’hui.

Un aperçu de la publication The Global Material Resource Outlook to 2060 (Perspectives mondiales des ressources matérielles à l’horizon 2060) qui vient de paraître, indique que l’utilisation mondiale de matières se montera à 167 gigatonnes en 2060, contre 90 gigatonnes actuellement, la population de la planète se hissant à 10 milliards de personnes et le revenu moyen par habitant s’élevant, à l’échelle mondiale, pour rejoindre celui de l’OCDE aujourd’hui (40 000 USD).

Prévisions d’épuisement mondial des matières premières – source : lefigaro.fr


Si aucune action concrète n’est prise pour relever ces défis, il est probable que l’accroissement prévu de l’extraction et du traitement de matières premières telles que la biomasse, les combustibles fossiles, les métaux et les minerais non métalliques aggrave la pollution de l’air, de l’eau et des sols, et concoure notablement au changement climatique. La diminution progressive des activités manufacturières au profit des activités de services et l’amélioration permanente de l’efficience de l’industrie, qui limitent la consommation de ressources par unité de PIB, ne l’empêcheront pas. Sans elles, les pressions exercées sur l’environnement seraient pires encore. Les projections prennent aussi en compte la stabilisation de la demande en Chine et dans les autres économies émergentes, le boom des infrastructures y touchant à sa fin.

Présenté au Forum mondial sur l’économie circulaire à Yokohama (Japon), par Masamichi Kono, Secrétaire général adjoint de l’OCDE, l’aperçu du rapport indique que c’est l’utilisation de minéraux, notamment de matériaux de construction et de métaux, qui augmentera le plus, en particulier dans les économies en développement en forte croissance.

Comprendre l’évolution de la consommation au niveau de la planète – source : OCDE


En masse, les produits minéraux non métalliques comme le sable, les graviers, le calcaire et les roches concassées représentent plus de la moitié de la totalité des matières utilisées aujourd’hui. Si l’on y ajoute les autres matières, le total utilisé quotidiennement par une famille moyenne remplit une baignoire. Ces volumes ne feront qu’augmenter entre aujourd’hui et 2060.

Le secteur du recyclage, qui représente aujourd’hui un dixième du poids du secteur minier dans le PIB, devrait gagner en compétitivité et se développer, mais il continuera de peser beaucoup moins lourd que les activités d’extraction de matières premières.

Il ressort de l’analyse présentée dans le rapport au sujet de l’impact sur l’environnement mondial de l’extraction et de la production de sept métaux (fer, aluminium, cuivre, zinc, plomb, nickel et manganèse) et de matériaux de construction (béton, sable et graviers), que les effets sont importants dans les domaines comme l’acidification, la pollution de l’air et de l’eau, le changement climatique, la demande d’énergie, la santé humaine et la toxicité de l’eau et des sols.

Origine des métaux indispensables pour l’Union européenne – source : senat.fr


À l’intérieur de ce groupe de métaux et de produits minéraux, le cuivre et le nickel ont tendance à afficher les impacts environnementaux par kilo les plus grands, tandis que le fer, l’acier et le béton ont les impacts les plus importants en termes absolus en raison des volumes utilisés.

L’extraction et la combustion de combustibles fossiles et la production de fer, d’acier et de matériaux de construction sont d’ores et déjà responsables d’une grande partie de la pollution de l’air et des émissions de gaz à effet de serre. En l’absence de nouvelles mesures de réduction, l’ensemble des émissions imputables à la gestion des matières passera, selon le rapport, de 28 à 50 gigatonnes d’équivalent CO2 d’ici à 2060.


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