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Octobre 2018

Pourquoi la croissance ne devrait pas dépasser 1,2 % cette année

septembre 2018


Rappel du 26/09/2018 par François Perret et Thibault Lanxade pour LES ECHOS

LE CERCLE/ECLAIRAGE - Guerre commerciale, Brexit, hausse des taux d’intérêt... La croissance du PIB en 2018 ne devrait pas dépasser 1,2 %.

Contrairement à l’an dernier où elle avait le vent dans le dos, l’économie française l’a désormais de face. Plus question d’espérer un taux de croissance comme celui qui prévalait alors (+ 2,2 %). Le gouvernement l’a bien compris, lui qui a déjà ramené une première fois sa prévision pour 2018 de + 2 % en début d’année à + 1,7 % il y a quelques jours par la bouche de Bruno Le Maire.

Sauf que ces prévisions sont encore bien trop optimistes. Elles ignorent ou sous-estiment tous les nuages qui se sont accumulés au-dessus de notre ciel ces dernières semaines.

Dégradation de l’environnement mondial

La croissance mondiale est d’abord plombée par les surenchères permanentes du président Donald Trump. Après les premières mesures s’appliquant depuis début juillet, de nouvelles taxes douanières américaines de 10 % sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises sont officiellement entrées en vigueur lundi 24 septembre. De quoi accélérer encore le ralentissement de la seconde économie mondiale, dont le taux de croissance au second trimestre (+ 6,7 %) a déjà dévissé, pour retrouver son niveau le plus bas depuis juin 2016.

Le pyromane Trump a allumé d’autres feux encore. Ainsi, l’entrée en vigueur, le 4 novembre prochain, de l’embargo américain contre l’Iran va exercer dans les prochains mois une pression à la hausse sur le prix du baril de pétrole. Il provoque déjà le retrait en chaîne des entreprises européennes et françaises de Téhéran.

La croissance française au second semestre va également pâtir de la dégradation de l’environnement européen, tout particulièrement plombé par les négociations interminables sur le Brexit, auxquelles s’ajoutent les incertitudes de la politique italienne.

Moteurs en panne

Aucun des trois moteurs de la croissance hexagonale n’échappera aux conséquences de ces dérèglements internationaux, alors que se profile déjà, par ailleurs, la perspective de remontée prochaine des taux d’intérêt à l’initiative de la Banque centrale européenne (BCE).

Il y a, d’abord, peu d’espoir pour que la consommation soutienne la croissance au second semestre. Le coup de pouce du gouvernement au pouvoir d’achat (suppression des cotisations maladie et chômage de salariés et baisse de 30 % de la taxe d’habitation en octobre) ne compensera pas les fortes pressions inflationnistes que subissent déjà les consommateurs depuis le début de l’année sous l’effet de la remontée des prix du pétrole et, dans une moindre mesure, de l’énergie.

La consommation risque aussi d’être pénalisée par les mesures de rigueur prévues dans le collectif budgétaire en préparation : faible revalorisation des retraites, des APL et des allocations familiales. Enfin, le prélèvement à la source pourrait créer un choc psychologique chez les salariés, qui vont découvrir leurs premières fiches de paye nettes d’impôt...

Ce n’est probablement pas l’investissement des entreprises qui viendra prendre le relais de la consommation en seconde partie d’année. Car sa reprise observée l’an dernier (+ 4,8 %) sera plombée jusqu’à la fin de l’année par l’affaiblissement de la demande mondiale et l’érosion des marges des entreprises (que l’Insee annonce à seulement 31,7 % pour 2018 contre 32,5 % l’an dernier). Pire encore : pour se protéger d’une remontée prochaine des taux, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a donné instruction aux banques, à compter du 1er juillet dernier, de limiter leur exposition vis-à-vis des entreprises résidentes les plus endettées.

Pour le reste, il faut s’attendre à ce que la balance commerciale française, constamment en déficit depuis 2003, continue de se dégrader. Et ce d’autant que la compétitivité de nos entreprises reste durablement dégradée.

Avec ses trois moteurs en panne - consommation, investissement et export - on voit mal comment la croissance pourrait se situer au-dessus de 1,2 % cette année.

paru dans LES ECHOS

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