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Août 2018

Air France-KLM : un nouveau patron canadien et une polémique

août 2018


Du 16/08/2018 par Bérangère Lepetit et Matthieu Pelloli pour Le Parisien

Le conseil d’administration d’Air France-KLM a nommé jeudi soir Benjamin Smith, actuel numéro 2 d’Air Canada, directeur général du groupe. La polémique sur son salaire monte déjà.

Cette fois, c’est officiel. Le nouveau directeur général d’Air France-KLM a un nom : Benjamin Smith. Actuel numéro 2 d’Air Canada, il a été choisi ce jeudi soir, lors d’un conseil d’administration extraordinaire, au cœur de l’été et prendra ses fonctions « au plus tard le 30 septembre » selon un communiqué. Une nomination « en catimini, au lendemain du 15 août », n’ont pas manqué de dénoncer plusieurs syndicats.

Mais il faut dire qu’il y avait urgence. Depuis le départ de Jean-Marc Janaillac en mai dernier après un vote sanction du personnel, la compagnie affrontait les turbulences avec une présidente intérimaire, Anne-Marie Couderc. Et alors que de nouvelles menaces de grèves étaient agitées pour septembre, il apparaissait plus que jamais nécessaire de renouer le dialogue social.

Jeudi, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, s’est félicité de cette nomination à la tête d’Air France-KLM, dont l’Etat est actionnaire à 14,3 %. « Un excellent profil », a-t-il souligné, qui a « déjà fait ses preuves dans le secteur aérien ». Mais cette analyse réjouie est loin d’être partagée par les syndicats. Jeudi toujours, neuf d’entre eux - CGT, FO, SUD, SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF, SNPL et Alter - jugeaient « inconcevable » de nommer « un dirigeant étranger » aux commandes de la compagnie.

Un salaire multiplié par trois

D’autant qu’un sujet a déjà commencé à mettre le feu aux poudres : le salaire du nouvel homme fort d’Air France-KLM. Le conseil d’administration de la compagnie a en effet accepté de tripler la rémunération de son directeur général (une fonction désormais distincte de celle de président). Avec 600 000 euros par an, plus une part variable qui était montée à 510 000 euros en 2017, le salaire du Canadien était nettement moins élevé que ceux de la concurrence.

Le salaire de Benjamin Smith devrait monter entre 3,2 et 3,6 millions d’euros par an. Selon nos informations, il sera constitué d’une part fixe portée à 900 000 euros et pour le reste d’une part variable associée à des objectifs.

Les syndicats indignés

« C’est scandaleux et un très mauvais message à envoyer aux salariés de l’entreprise qui se sont mis en grève ces derniers mois pendant des semaines pour la revalorisation de leurs salaires », s’indigne Karine Monségu, cosecrétaire de la CGT Air France. « Pour fêter les 85 ans d’Air France, le CA nomme un Nord-Américain avec une augmentation de 300 % bien qu’il n’ait encore rien démontré ! » raille de son côté le syndicat FO.

Tandis que sur Twitter, le conseiller municipal de Paris (PC) Ian Brossat ironise sur le « pognon de dingue » alloué à ce nouveau patron français.

Seul le SPAF, syndicat - minoritaire - des pilotes semble prêt à entendre ce discours… « Quand on vient vous chercher, c’est comme ça, glisse Grégoire Aplincourt. Je pense effectivement que le PDG d’Air France n’était pas assez payé. »

Du côté de l’Etat actionnaire, on persiste et on signe. « Aujourd’hui, Benjamin Smith est à 3,2 millions d’euros par an chez Air Canada, détaille un haut fonctionnaire. Nous aurions pu mettre un énième énarque à la tête d’Air France, mais nous voulions un vrai pro du transport aérien. Le prix à payer, c’était d’aligner son salaire sur celui des PDG des grandes compagnies internationales ».

« Maintenant, il faut que l’intersyndicale le rencontre et qu’il puisse exposer son projet », assène-t-on à Bercy. Sur le site d’Air Canada, Benjamin Smith est décrit comme le « visionnaire de l’expansion internationale du réseau de la compagnie ». En France, il devra donner une nouvelle vision stratégique au groupe. Mais, d’abord, restaurer la paix sociale.

à suivre dans le Parisien>

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