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ÉDITORIAL

Politique et communication, un « deal » non maîtrisable ?

Et si la « COM’ » et le « Paraître » occupaient trop de place…

août 2018


Nos hommes politiques sont plus habitués à informer qu’à communiquer. Depuis des années, les pouvoirs en place, tant en France qu’à l’étranger, ont toujours choisi la solution facile devant la complexité des sujets à traiter pour présenter le tout avec les apparats indispensables devant la presse et les citoyens. L’information politique a tendance à se substituer à une véritable communication argumentée faisant suite à une décision, issue d’une consultation, d’un dialogue, d’une concertation, sans parler de consensus.

La communication politique ne s’improvise pas… – montage : Clubespace21.fr


A chacun sa propre façon de communiquer

En politique, communiquer est un « Art » qui n’est pas à la portée de tous. Chacun est libre de s’y référer et d’imaginer le maîtriser. Dans les faits cet « Art » est difficile. A priori nul n’est censé mettre en doute la parole du communiquant. Nombreux sont ceux qui ne tiennent qu’à exprimer un point de vue ou transmettre un message. En général pour l’élu, majorité ou opposition, responsable de parti ou pas, la communication lui permet de confirmer son rôle, son influence et la pertinence de ses propos publics ou au parlement, assemblée ou sénat.

Les « rendez-vous » officiels programmés trouvent leur place dans la presse, écrite ou audio-visuelle. Le Chef de l’Etat par son statut est hors catégorie. Le Premier ministre comme les autres membres du gouvernement, bénéficient de toutes les tribunes nécessaires, pour leurs allocutions et leurs interventions. L’opposition a la charge de trouver elle-même ses propres créneaux d’expression.

Occasions et moyens ne manquent pas pour s’exprimer – montage : clubespace21.fr


Le « paraître » pour convaincre, une priorité abusive de la « COM’ »

Le « culte » de l’image est désormais essentiel. Il occupe une place prépondérante. C’est de la « COM’ » souvent abusive. Le « Paraître » pour convaincre est devenue une priorité. Les « tweets », les « vidéos » et les « selfies » maîtrisés par le communiquant y trouvent leur compte ! La politique « spectacle » occupe les magazines, les écrans, les radios et les réseaux sociaux. En conséquence, les sondages d’opinion, exploitables à « toutes les sauces », sont les références et tiennent le « haut du pavé ».

L’Exécutif, les Parlementaires, majorité et opposition, se délectent de tous ces modes de « fausse » communication. On les qualifie de « fake news ». Le mot « mensonge » ne fait plus partie du vocabulaire. Au delà des flagorneries d’une presse servile, le « couac » ou le « parler pour ne rien dire » décrédibilisent le propos. Le « dit », le « non dit », la « langue de bois » comme le « silence » avéré, font redouter la « manipulation » et la « démagogie ». Les « promesses » illusoires sont au service d’une « façade » à préserver. Parler d’objectivité devient un « leurre ».

Le résultat se traduit par des interprétations contradictoires à l’origine de conflits. La décision « directe » officielle dérange quand elle est mal ou pas du tout expliquée. Les différents mouvements sociaux, salariés, syndicats et patronat , témoignent régulièrement leurs incompréhensions et de leurs mécontentements avec des manifestations, des blocages et des grèves. Face à cela, les comportements du « Pouvoir » favorisant l’arrogance, le mépris et la suffisance ne sont pas les meilleurs arguments pour convaincre !

Actions sociales devant l’absence de véritables négociations – montage : clubespace21.fr


Le rôle de la presse et des outils de communication…

Au-delà de la presse d’opinion sur laquelle il s’appuie, le politique doit convaincre et mettre en cause ses adversaires, quitte à tromper l’opinion publique. Les journalistes, les éditorialistes et les nombreux pseudo-experts « politiques », toutes tendances confondues reprennent en boucle les slogans et complètent le décor au travers d’une analyse sémantique exacerbée des textes. La notion de discussions en « off » autorise aussi d’autres interprétations.

L’Exécutif, les Parlementaires de la majorité et de l’opposition se délectent dans tous ces modes de fausse communication, soit disant « informative ». On les qualifie de « fake news ». Le mot « mensonge » ne fait plus partie du vocabulaire. L’usage permanent de ce type de comportement est usant. Au delà des flagorneries d’une presse servile, le « parler pour ne rien dire » décrédibilise le propos, tout comme le « trop » paraître et le « culte » de l’image, synonyme de « propagande ». Dans ces circonstances, parler d’objectivité est un « leurre ». Le plus important pour assurer sa crédibilité demeure la conviction dans les propos et l’honnêteté dans les faits. La confiance et la considération ont toujours été les meilleurs alliées…

Les réseaux sociaux, Facebook et Twitter se chargent d’apporter leurs propres commentaires acérés. Ils complètent un pseudo-débat citoyen en coulisses que les médias, radios, TV et chaines d’info en continu ne manquent pas de relayer à nouveau pour faire de l’audience.

Vidéos et chaines info sont à l’affut et toujours présentes – source : ojim.fr


En conclusion

Les moyens de communication font maintenant partie des données. Ils enrichissent ou faussent quelque part le débat. Tous ces ingrédients ne doivent pas empêcher une authentique communication plus orientée sur le fond (le message) et le contenu (les mots pour le dire), même si la forme (la façon de le présenter) a toute son importance. Bien communiquer n’est pas pour autant synonyme de réussite. Mais le plus important pour assurer sa crédibilité demeure la conviction dans les propos et l’honnêteté dans les faits. La confiance et la considération ont toujours été les meilleurs alliées.

Cette communication des politiques comme des médias, perturbée et déformée, fait partie du débat démocratique. Les politiques assument la totale responsabilité de l’« absence » de communication, de « communiquer sans agir » ou bien d’« agir sans communiquer ». Mais attention plus personne n’est dupe. Et c’est le choix du Politique que de s’affranchir ou non de ce mal chronique…

Jacques Martineau

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