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Juillet 2018

Macron et les territoires ennemis

juillet 2018


Du 12/07/2018 par Etienne Lefebvre pour Les Echos

Les représentants des élus locaux ont boycotté la Conférence des territoires, jeudi, alors que le chef de l’Etat a besoin d’eux sur des dossiers politiques majeurs : lutte contre la pauvreté, relance des zones rurales, réforme de la fiscalité locale, etc.

Une Conférence des territoires sans les représentants des trois plus grandes associations d’élus (Région de France, Assemblée des départements de France et Association des maires de France), cela fait tache. C’est ce qui s’est produit ce jeudi. Cette politique de la chaise vide n’est certes pas dénuée d’arrière-pensées politiques. Les élus locaux s’en prennent à l’Etat dont ils dépendent financièrement, quoi de plus banal.

Ils oublient au passage qu’à la différence de François Hollande, qui avait imposé une forte réduction de leurs dotations chaque année, celles-là sont désormais stabilisées (et même en légère hausse en 2019). Par ailleurs, si la tension est réelle avec les associations d’élus, les deux tiers des collectivités ont tout de même signé un contrat avec l’Etat, s’engageant à limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement. Il faut donc relativiser l’ampleur de la grogne.

Le relais des élus locaux

Cette dernière constitue néanmoins un écueil politique très sérieux pour le chef de l’Etat. Emmanuel Macron est décrit par ses opposants, de façon souvent caricaturale, comme le président des riches, des métropoles dynamiques et de la France qui gagne. Il se désintéresserait des moins aisés et des territoires à la peine, zones rurales et banlieues.

Le gouvernement ne manque pourtant pas de projets de réformes en la matière. Mais il a un besoin impératif des représentants des territoires pour les mener à bien, en coopération avec les services de l’Etat. L’exemple du plan pauvreté est éclairant. Il doit viser en priorité à accompagner et à aider les bénéficiaires de minima sociaux à retrouver un emploi, par des actions d’insertion. Or en la matière, le premier échelon compétent reste et restera le département. Une brouille financière avec l’ADF n’est pas tenable si l’exécutif veut vraiment changer la donne sur le terrain. Le report du plan à l’automne doit permettre de faire baisser la tension.

Même hiatus sur le plan de revitalisation des « centres villes » ou encore la suppression de la taxe d’habitation. Emmanuel Macron a beaucoup misé sur cette mesure fiscale pour se réconcilier avec les classes moyennes. Mais il peine à capitaliser dessus en raison de la polémique sur la compensation de cette ressource pour les collectivités, et la crainte de la hausse d’autres impôts.

Pour renouer le dialogue, et sortir du piège, le président de la République s’est engagé à ce que la réforme de l’Etat ne se fasse pas au détriment des territoires. Et même que l’Etat réinvestisse des communes délaissées, via l’administration fiscale notamment. Mais cela reste insuffisant pour dissiper le climat de défiance. Il faudra d’autres actes, au-delà des discours.

à suivre dans les Echos

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