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ÉDITORIAL

Budget de mandature : que veut la Commission de Bruxelles ?

Un effort financier supérieur à 18% à fournir...

mai 2018


A en croire les prévisions budgétaires de la Commission européenne de Bruxelles pour la prochaine mandature sur 7 ans (2021-27), celles-ci dépassent toutes les estimations. Certes, le contexte n’est pas nécessairement favorable avec le Brexit, son coût, et le manque à gagner pour l’Union qu’il va entraîner. A partir des dernières indications, d’aucuns affirment que l’effort financier à fournir serait supérieur à plus de 18% sur la période.

Palier le départ du Royaume-Uni et satisfaire de nouvelles ambitions

Pour la prochaine mandature, le budget de la Commission devrait donc passer de 1087 milliards € à 1279 milliards € ! Il faudra désormais palier le manque à contribution nette du Royaume-Uni de 12 milliards € et tenir compte de la nouvelle ambition du développement d’une défense militaire européenne. Ce n’est pas partie gagnée. Grosso-modo, le budget de l’UE est de 160 milliards €. Il représente un peu plus d’1% de la richesse produite chaque année par ses membres. Par définition, ce budget doit équilibrer recettes et dépenses et ne souffre pas de déficit.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission - source : rfi.fr


De son côté, la France qui continue à augmenter ses dépenses nationales, devra tant bien que mal tenter de réduire son déficit pour mieux appréhender le poids de sa dette. Déjà parviendra-t-elle à améliorer ses performances en termes de commerce extérieur ? Force est de constater que la balance est négative avec un déficit annuel supérieur à 50 milliards €, tandis que l’Allemagne se targue d’être en tête du commerce extérieur mondial, avec un excédent annuel de plus de 260 milliards €.

Pourquoi se faire taxer de pessimiste quand on s’en tient essentiellement à des données économiques et que l’Insee confirme ses prévisions à court et moyen terme, sauf problème lié à la conjoncture ? Si la baisse du taux de croissance à +0,3% en ce début d’année n’est pas encourageante, comme d’habitude, les « experts » clament que c’est normal et que c’est partout pareil après un 4ème trimestre satisfaisant à +0,7%.

Le conflit au Moyen-Orient, l’attitude des Etats-Unis et la remise en cause du commerce extérieur vers l’Iran ne gênent encore personne. Ils ne permettent pourtant pas d’assurer les conditions nécessaires à une sérénité pour affirmer que 2018 sera garanti d’un taux de croissance satisfaisant.

Prévisions OCDE de croissance pour la zone euro – source : challenges.fr


Rien, aujourd’hui, ne permet d’appréhender de meilleurs résultats pour la France sans une croissance conséquente et une certitude que les taux d’intérêt à zéro et les achats massifs obligataires de la Banque centrale européenne seront maintenus à leur niveau actuel. Apparemment cela devrait être possible jusqu’à la mi-2019, si l’inflation reste à son niveau le plus bas. Qu’adviendrait-t-il si les taux remontaient ?

Pour la Commission, il faut continuer à concilier rigueur et développement

Le paradoxe, mais qui fait partie des règles de base du « système », c’est que la Commission sera toujours aussi exigeante vis-à-vis des dépenses excessives (> 3%) dans tous les pays et en particulier vis-à-vis de la France. Elle ne se gênera pas pour réclamer à la France d’une part un « coup de pouce » efficace pour satisfaire ses besoins d’augmentation de son budget à hauteur de 20,5 milliards € pour 2018 et d’autre part rappeler à des efforts budgétaires supplémentaires pour réduire notre déficit. A cela s’ajoute le problème de la Politique agricole commune (PAC), avec une baisse pressentie cette année des subventions de -5%. La France proteste mais que se passera-t-il ?

Zone euro ou pas, immigration ou non, l’UE est toujours divisée – source : lefigaro.fr


Au delà de ces aspects économiques, il faut bien constater que progressivement l’Union européenne avec la Commission et la complicité de l’Allemagne, continue à édicter ses règles et à imposer ses directives auxquelles les gouvernements sont habitués à se plier. Les discours et les intentions politiques ne suffiront pas à faire plier les leaders économiques de l’Union européenne qu’ils appartiennent ou non à la zone euro.

A terme dans le contexte actuel avec les problèmes politiques et économiques Nord-Sud, Est-Ouest, les problèmes d’asile et d’immigration et ceux liés à un potentiel élargissement de l’Union, on est en droit de se poser beaucoup de questions. N’oublions pas que 2019 sera aussi une année « clé », avec un nouveau parlement, une nouvelle Commission et un nouveau président. A chacun de se faire son opinion…

Jacques Martineau

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