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Février 2018

Réforme de la SNCF : les syndicats tentent d’organiser la riposte

février 2018


Du 27/02/18 par Guy Dutheil et Benoît Floc’h pour Le Monde

Le climat se tend à la SNCF. Le recours aux ordonnances annoncé par le gouvernement est critiqué par tous les syndicats. Une unanimité rare.

En annonçant, lundi 26 février, le recours aux ordonnances pour réformer la SNCF et la fin du statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise publique, le premier ministre, Edouard Philippe, devait s’attendre à une vive réaction des syndicats. Elle n’a pas manqué. La CGT, l’UNSA, SUD-Rail et la CFDT, les quatre organisations représentatives à la SNCF, ont prévu de se réunir en intersyndicale dès mardi. L’UNSA, deuxième syndicat de l’entreprise, a indiqué qu’elle proposera une grève avant la journée d’action du 22 mars dans la fonction publique.

Elle fait écho à la CFDT-Cheminots qui, bien que non associée à cette mobilisation, a souhaité « appeler à une grève reconductible à partir du 12 mars », selon son secrétaire général, Didier Aubert. « L’important est d’être unitaires », a ajouté Bruno Poncet, secrétaire fédéral de SUD-Rail, qui voit dans les annonces gouvernementales une volonté de « casser du cheminot », de « casser l’entreprise publique et creuser les inégalités entre tous les Français ».

Dans un entretien au journal Les Echos, à la tonalité très critique à l’égard de la « méthode Macron », le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a fustigé le recours aux ordonnances pour la SNCF. S’il se dit prêt à discuter des conditions de l’ouverture à la concurrence ou de l’évolution de la gouvernance du groupe ferroviaire, il estime que « les difficultés de l’entreprise ne peuvent se résumer au statut des cheminots (…) ».

« De l’huile sur le feu »

C’est dans des termes proches que Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, syndicat non représentatif à la SNCF, a critiqué le recours aux ordonnances, susceptible selon lui « de mettre de l’huile sur le feu ». Interrogé sur Franceinfo, lundi, M. Mailly a dénoncé la « tentation [du gouvernement] de vouloir passer en force et de confondre vitesse et précipitation » (...)

Est-ce parce que la mobilisation des syndicats laisse planer la menace d’un conflit de grande ampleur pour le gouvernement, toutes les organisations de conducteurs de train, et notamment du TGV, étant partie prenante à l’intersyndicale ? Lundi soir sur France 2, Edouard Philippe s’est voulu apaisant. « Je ne vais pas au conflit (...) Je dis simplement que nous devons avancer (…) Je ne veux pas l’enlisement. », a-t-il déclaré.

Contestée par les syndicats, la réforme de la SNCF préparée par le gouvernement ne passe pas mieux auprès des partis politiques. Eric Coquerel, député de La France insoumise, s’insurge contre la volonté du premier ministre (…) Nicolas Bay, député européen du Front national, a déploré le recours aux ordonnances. La droite, aussi, critique le projet de réforme. Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, souligne qu’« on passe à côté de l’essentiel » (...) Dans un communiqué, le Parti socialiste accuse l’exécutif de « passer en force » et de priver le « pays d’un temps indispensable de débat démocratique » (…)

Fonction publique sous tension

La mobilisation des cheminots intervient dans un contexte particulièrement lourd dans la sphère publique : les syndicats de la fonction publique en sont déjà à leur deuxième journée de mobilisation, prévue le 22 mars (…) L’intersyndicale, composée de sept syndicats sur neuf, compte aussi sur une forte mobilisation des fonctionnaires (…)

Les syndicats misent sur l’accumulation des déceptions et des déconvenues. La brouille entre le gouvernement et les 5,4 millions de fonctionnaires a commencé très tôt après l’élection d’Emmanuel Macron (…) C’est dans ce contexte que le gouvernement a lancé, en septembre, la réforme de l’Etat. Les mesures ne sont pas encore connues. Elles ne le seront qu’en avril. Mais l’exécutif a d’ores et déjà ouvert le chantier « fonction publique » (…)

« Le voile tombe »

Aujourd’hui, les mobilisations s’entrechoquent (…) C’est évidemment ce que souhaitent les syndicats. Pour l’heure, ils fourbissent leurs armes. Réunis le 21 février, ils ont de nouveau fustigé les « orientations inquiétantes » du gouvernement, appelant les agents à descendre « massivement » dans la rue le 22 mars (…)

« Le mécontentement ne se mesure pas tout le temps à l’aune du nombre de manifestants. Ce que je vois, c’est que les tensions s’accumulent dans les Ehpad, les hôpitaux, chez Carrefour, dans les prisons, la police, l’éducation, les collectivités territoriales », a rappelé le secrétaire général de la CFDT dans Les Echos.

à suivre dans Le Monde

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