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Février 2018

Macron exhorte les agriculteurs à se remettre en question

février 2018


Du 22/02/18 par Marie-Josée Gougard pour Les Echos

Alors que le 55ème salon de l’Agriculture ouvre ses portes samedi, le chef de l’Etat demande au monde agricole de changer de mode de fonctionnement. La plupart des productions vont mieux mais la question du revenu des agriculteurs reste ouverte.

Dans un discours particulièrement incisif, deux jours avant le 55 ème salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a remis les pendules du monde agricole à l’heure. « Je ne suis pas là pour construire l’ambiance de samedi. Je m’en moque totalement. Je suis là pour construire le visage agricole des prochaines années. Il y a des décisions difficiles à prendre, des discours de vérité qui ne plaisent pas et beaucoup, beaucoup d’habitudes à changer », a-t-il expliqué devant 700 jeunes agriculteurs, récemment installés dans le métier.

Pointant du doigt tous ceux qui maintiennent un statu quo qui « tue la filière », le chef de l’Etat a affirmé avoir « un chantier : la modernisation de l’agriculture ». Elle reviendra en bonne partie aux jeunes, puisque 40 % des agriculteurs prendront leur retraite d’ici 3 ans. A la clé un plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur cinq ans , promis lors de la campagne présidentielle.

L’accès en sera réservé aux projets qui auront un impact positif sur l’environnement et le bien-être animal. Ainsi qu’aux activités de transformation et de distribution privilégiant les circuits courts. Cette enveloppe financera aussi un nouveau dispositif de prêts pour les jeunes, garantis par la Banque européenne d’investissement (BEI). Ainsi qu’un fonds de prêts de 100 millions d’euros pour dégager un complément de revenu via la méthanisation. Il est également prévu 200 millions d’euros pour inciter à investir dans les TPE agroalimentaires.

Ne plus voir les aides comme un complément de revenu

D’une manière générale, Emmanuel Macron a invité son public à regarder l’avenir sous un jour radicalement différent. Les aides, notamment européennes, ne devront plus être vues comme un complément de revenu, mais comme des outils de gestion de crise et des manières de se prémunir contre la volatilité ou les aléas climatiques. Aux agriculteurs de se constituer des réserves les bonnes années et de les réinjecter lorsque la conjoncture se dégrade. Le chef de l’Etat s’est engagé à créer un dispositif fiscal incitatif.

Le revenu agricole doit désormais être assuré par la vente des productions des exploitants. Les Etats généraux de l’alimentation (EGA) ont de ce point de vue planté un nouveau décor, en décidant que les prix alimentaires seraient désormais calculés sur la base du coût de production agricole, pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail. Une vraie révolution, dont les agriculteurs attendent beaucoup et qui vise à sortir d’une spirale déflationniste, destructrice de valeur, tant pour les producteurs que pour les industriels ou les distributeurs. D’autres mesures découleront des EGA, parmi lesquelles un plan de réduction des pesticides attendu fin mars.

Rassurer les agriculteurs sur l’accès au foncier

Emmanuel Macron a félicité les agriculteurs pour le travail de réorganisation économique des filières qu’ils ont présenté à sa demande. S’agissant de la filière bovine en revanche, qu’il tient pour directement responsable de ses difficultés, il a tenu des propos très virulents en direction, sans le nommer de l’industriel dominant le marché (ndlr : Jean-Paul Bigard), « qui ne veut pas que le système change même s’il est mauvais pour vous ». Ce n’est pas le Mercosur qui est à l’origine de vos problèmes mais « ceux qui jouent sur un marché français fermé, qu’ils ont organisé pour leurs intérêts propres pensant qu’il resterait toujours à leur main. Retroussez-vous les manches pour sortir de là. Je vous y aiderai ».

Pour rassurer les agriculteurs sur l’accès au foncier, après l’achat de terres à blé par un investisseur chinois, le chef de l’Etat a promis « des verrous réglementaires » pour bloquer les achats des étrangers en France. S’agissant des 1.400 communes qui vont perdre le bénéfice de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), le Président a promis « un accompagnement financier le temps de la transition ».

à suivre dans Les Echos

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