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ÉDITORIAL

Droit de réponses…

décembre 2012


En quelques semaines, au travers de deux numéros, la presse internationale, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont montré la pauvreté et la faiblesse de l’Union européenne et de la zone euro. Ce continent européen que d’aucuns qualifient de première force économique avec 26% du PIB mondial, devant les Etats-Unis (23%) apparaît comme une masse d’« ego » sans tête et sans gouvernance. Devant de telles agressions, correspondant à ce que l’on qualifie de liberté de la presse, il fallait réagir et c’est ce que nous avons fait en apportant quelques éclaircissements…

La critique est plus simple quand l’Allemagne doute d’elle-même

L’Allemagne est-elle aux abois ? Les critiques et les rumeurs négatives envers la France tiennent le haut du pavé. Les Allemands commencent à se demander s’il y a un pilote dans l’avion ? Il faut reconnaître que le titre n’est pas jeune et qu’il manque d’originalité. Pourtant c’est sur ce thème que le très populaire quotidien Bild n’y va pas par quatre chemins. Le journal à plus gros tirage de la presse allemande se demandait si La France ne serait pas la nouvelle Grèce ? C’est notamment l’ancien chancelier Gerhard Schröder qui inspire l’article, diffusé en Allemagne et en Europe. Cet alarmisme allemand est excessif. Il est en décalage avec la réalité économique, industrielle et sociale du pays. Non, la France n’est pas la Grèce.

Source : Eurostat

Source : Bild, 31 Octobre 2012

 
Il n’est pas question de nier les difficultés importantes auxquels la France doit faire face. Cette provocation sous forme de question est indigne d’un pays qui a la prétention de servir de modèle. La maladie du comparatif entre la France et l’Allemagne devient ridicule. Une analyse sérieuse réserverait beaucoup de surprises, pas toujours dans le sens attendu. Comparons ce qui est comparable. Peut-être faut-il rappeler que notre économie est la deuxième de la zone euro. Elle se finance depuis quelques mois sur les marchés à des taux très bas, y compris à long terme (10 ans). Plutôt confiants, les investisseurs ne font pas payer au Trésor français une prime de risque plus élevée que celle qui est demandée à l’Allemagne pour financer son propre endettement. Là encore cela suffit. La France constitue le deuxième apporteur de fonds au Mécanisme européen de stabilité (MES), censé être le rempart contre la crise... L’Allemagne ne pourrait pas porter seule l’édifice à bout de bras... Peut-être que nos partenaires allemands ont oublié que sans la France, leur commerce extérieur serait gravement en danger. Le nombre de travailleurs précaires et sous le seuil de pauvreté est en forte hausse. Ce sont là leurs premiers doutes. Les quelques signes de faiblesse apparus dans la baisse des taux de croissance devraient peut-être les inciter à nous considérer comme des partenaires indispensables et non pas comme des membres soumis, enclins à soutenir un « Euro sans europe ».

The Economist, porte-parole du Royaume-Uni ?

Après Bild, The Economist se déchaîne. Une provocation du tabloïd ? La France est présentée comme « une bombe à retardement au cœur de l’Europe ... ». C’est d’un bon goût rassembleur, alors que l’Union européenne est en pleine crise et que le Royaume-Uni n’a rien à envier aux autres.

Source : The Economist, 17 Novembre 2012

 
Ce genre de titre provocateur, quel que soit le souci de protection de la liberté de la presse, ne peut rester sans réaction et sans réponse. The Economist n’en est pas à ses premières provocations à la limite de l’insulte. Après avoir parlé en 2010 d’un « président qui rétrécissait de manière incroyable », il participe à la campagne présidentielle en critiquant les deux candidats avec une couverture inspirée du Déjeuner sur l’herbe de Manet, intitulée « la France dans le déni ». N’oublions pas que cet hebdomadaire britannique est largement diffusé dans les pays anglo-saxons et à travers le monde.

Source : The Economist

 
Les sujets traités ne se limitent pas à l’économie. Les articles sont incisifs, souvent proches de la mauvaise foi et très « british » dans le style, comme dans l’esprit, ce qui n’étonnera pas. Il faut savoir que les journalistes de The Economist sont tous anonymes. L’influence de The Economist est grande dans les milieux d’affaires et auprès des dirigeants politiques de toute la planète. Une couverture ravageuse dirigée contre la France Un coup de « pub » supplémentaire pour vendre du papier et faire oublier la situation économique du Royaume-Uni. La baisse du PIB reste inchangée à -0,4 % pour 2012, malgré un sursaut au troisième trimestre, grâce aux Jeux Olympiques d’été. La banque centrale britannique a abaissé ses prévisions pour 2013, prévoyant désormais une croissance autour de 0,9 % durant la majeure partie de l’année. Avec une dette à 89% du PIB et un déficit de 7,2%, le Royaume-Uni ferait mieux de se taire et cesser de s’opposer à toutes les mesures européennes, Union bancaire, traité et budget européen… Avec un pied dedans (UE), un pied dehors (de la zone euro), la France n’a pas de leçon à recevoir d’un tabloïd anonyme qui se prétend le porte-parole du gouvernement britannique, prêt à dérouler le tapis rouge à nos émigrés qui ont choisi de cautionner l’avenir d’une « Europe sans euro » pour leur propre compte…

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