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ÉDITORIAL

De l’usage abusif des mots…

novembre 2012


Laurence Parisot, présidente du Medef, s’est lâchée… Intervenant sur l’ensemble des médias, presse, radios, télévisions, elle utilise un langage tout à fait inhabituel pour une personne responsable du patronat. Stigmatisée, dans son rôle de premier plan, en période de crise, doublée à son insu par l’initiative du mouvement des « pigeons », souhaitait-elle reprendre l’initiative avant le débat parlementaire sur le budget 2013 ? C’est possible.

Les propos rapportés

La présidente du Medef s’exprime : « Nous sommes victimes d’un racisme anti-entreprises. On a presque sacralisé l’expression patrons voyous, c’est de la stigmatisation ». Elle poursuit : « L’ignorance économique dans laquelle les Français ont été maintenus depuis des années est scandaleuse et explique ce grand bordel intellectuel ». Mais encore, à propos de l’économie et des entreprises françaises : « Nous sommes passés d’un avis de tempête à un ouragan ». Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin dans les citations. Ces propos et cette sémantique de surenchère constituent une manne exceptionnelle dont nos médias, leurs éditorialistes, les vendeurs de papiers et de nombreux politiques, stimulant les adhérents du Medef sont toujours friands…

Source : AFP

 
Les limites à ne pas franchir

Oser parler de racisme anti-entreprises, pour ne pas dire anti-entrepreneurs… Stop, s’il vous plait ! Il faut cesser de galvauder les mots. Ces sémantiques abusives n’ont plus de sens, d’autant que ces propos s’adressent à des représentants légitimes élus de l’État. On peut s’opposer, ne pas accepter certaines mesures et les contester. Mais un peu de dignité. Un président du Medef a ses entrées à Matignon et à l’Élysée et sa place dans les médias. En conséquence, il peut s’exprimer avec vigueur en avançant ses arguments sans être obligé de victimiser ses adhérents, derrière de tels propos. Quant à « l’ignorance des politiques depuis des années », au « bordel intellectuel » et à « la tempête transformée en ouragan » pourquoi la représentante du Medef a attendu autant de temps pour les dénoncer. Ces lignes « rouges » franchies, ce sont autant de nouveaux obstacles que ce syndicat patronal vient de semer sur la route de sa reconquête de la confiance. Ne parlons pas de son image à l’extérieur, d’autant que sa crédibilité est fragile…

Faute d’argument, apprendre à communiquer

Les mots qui accompagnent un propos ont toujours un sens. A priori, c’est une affirmation qu’il est difficile de contester. Mais chacun est libre de les interpréter comme il l’entend. Ces interprétations dépendent à la fois de la qualité de l’émetteur, de sa personnalité, de l’importance du message qu’il transmet, de la variété de son auditoire et du contexte dans lequel il s’exprime. Cette communication s’articule autour de trois axes : le fond (c’est le message), la forme (c’est le comment), le contenu (ce sont les mots pour le dire). L’excès est l’ennemi du mieux et la communication ne doit pas toujours s’apparenter à un coup de pub. C’est là qu’elle est la moins efficace...

État d’alerte pour plus de solidarité

Croissance atone, chômage en hausse continue, plans sociaux, liquidations, délocalisations, exil fiscal et paradis fiscaux plantent le décor. Si la patronne du Medef, en quête du ralliement des pigeons, faisait le nécessaire pour amener le patronat et les entrepreneurs de ce pays à se rassembler, faire preuve de solidarité, arrêter le « chacun pour soi », convaincre le gouvernement de composer et de négocier dans l’intérêt de tous. Ce serait plus digne et plus constructif, n’est-ce pas ? Il ne faut pas que le Medef oublie que toutes ces entreprises sont composées d’hommes et de femmes qui les font vivre et prospérer. Tous craignent aussi pour leur emploi et leur avenir. Comme l’a déjà dit Abraham Lincoln : « Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le travail n’avait tout d’abord existé. »

Club Espace 21

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