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ÉDITORIAL

Bruxelles : une bienvenue déjà « ambiguë » au nouveau président ?

Paolo Garoscio à propos de l’intervention de Jean-Claude Juncker...

mai 2017


Jean Claude Juncker, président de la Commission de Bruxelles, s’est fait un malin plaisir à rappeler, avec toutes les complicités, à Emmanuel Macron, notre nouveau président, que la France dépensait trop. Après le message de bienvenue protocolaire de la chancelière Angela Merkel, l’Allemagne qui a accompagné initialement les critiques de la Commission, pourrait devoir y mettre un « bémol » et revoir son propos. Paolo Garoscio (Economie Matin) fait le point sur cette forme d’incident inutile mais programmé…

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Juncker tacle la France sur sa dépense publique trop élevée


A peine élu à plus de 66 % et pas encore investi, Emmanuel Macron risque de devoir apprendre à se dédoubler pour gérer tous les dossiers qui l’attendent. Les législatives s’approchent à grands pas et déjà Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne, annonce la couleur : la France va devoir baisser sa dépense publique dans les plus brefs délais.

Près de 55 % du PIB français dépensé par l’État

Ce n’est pas la première fois qu’on fait la remarque à la France et malgré sa position pro-européenne, Emmanuel Macron n’y échappe pas. Lundi 8 mai 2017, à Berlin, Jean-Claude Juncker a attaqué la France sur sa dépense publique qui dépasse chaque année 50 % du PIB.

Dépenses publiques : les prévisions budgétaires – source : performance-publique.budget.fr


« Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette, cela ne peut pas fonctionner dans la durée » a-t-il déclaré. En bref : les Français dépensent trop et ça doit cesser.

La France doit, notamment, faire chuter son déficit public sous la barre des 3 % pour rentrer dans les clous du Pacte de Stabilité après avoir échoué à plusieurs reprises. En théorie, en 2017, le niveau devrait être bon mais dès 2018 le déficit devrait remonter selon certains experts qui se basaient toutefois sur les politiques engagées par le gouvernement Hollande.

La réduction des dépenses déjà prévue par le nouveau président

Emmanuel Macron, qui a siégé à Bercy avant de lancer En Marche, connaît toutefois le dossier. Il a déjà annoncé que son programme prévoirait 60 milliards d’économies sur 5 ans et la suppression de 120 000 fonctionnaires. Ce qui pourrait compter dans les « gestes en direction des autres » que prône le Président de la Commission Européenne.

Mais Emmanuel Macron veut également réformer l’Union Européenne avec deux chantiers principaux : faire en sorte que l’UE investisse plus en Europe et, mais ce dossier risque fort d’être compliqué, l’instauration d’un ministre des Finances européen qui dicterait en partie la politique économique aux Etats-Membres. Une perte de souveraineté qui risque fort de rencontrer une fronde d’opposés au sein des Etats.

Donald Tusk (Conseil), Angela Merkel (chancelière), Jean-Claude Juncker (Commission) - source : politico.eu


Le nouveau président français a toutefois déjà obtenu un soutien de taille : Sigmar Gabriel, diplomate allemand qui présentait son livre à Berlin en présence de Jean-Claude Juncker, a demandé à Angela Merkel, l’un des premiers chefs d’État que Macron devrait rencontrer, et à Wolfgang Schaüble, son ministre des Finances, d’aider Emmanuel Macron, notamment en créant un fonds d’investissement franco-européen et en laissant plus de marge de manœuvre à la France. Mais là aussi ça risque de coincer...

Paolo Garoscio

Cet article a été publié dans Economie Matin

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