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Mai 2017

Bruxelles prévoit 3 % de déficit en 2017

mai 2017


Du 11/07/2017 par Marc Vignaud pour le Point

Le dérapage des comptes publics de la France pourrait sérieusement compliquer la stratégie européenne du nouveau président français Emmanuel Macron.

C’est une épine dans le pied d’Emmanuel Macron. Jeudi matin, la Commission européenne a publié ses traditionnelles prévisions économiques de printemps pour l’Union européenne. Et, malgré une prévision de croissance pour la France inchangée cette année, à 1,4 %, l’institution bruxelloise ne voit plus le déficit public repasser sous la barre fatidique des 3 % de PIB, comme la France s’y est pourtant engagée. Selon la Commission, il devrait tout juste revenir à ce niveau, soit 0,1 point de plus que lors de sa précédente prévision de 2,9 %, en février. « Cela résulte du déficit 2016, qui a été de 0,1 point au-dessus du déficit du gouvernement », a justifié le commissaire européen chargé du dossier, le Français Pierre Moscovici.

Bruxelles souligne toutefois dans son analyse technique les risques d’un dérapage plus important du déficit français en 2017, à cause, notamment, de la recapitalisation d’Areva ou du respect encore plus difficile que d’habitude du plafond de dépenses de l’État (hors Sécurité sociale et collectivités locales).

« Nous sommes en mai, tout est jouable » (Pierre Moscovici)

Paris avait pourtant promis de ramener l’écart entre les dépenses et les recettes françaises à 2,8 % du PIB (après avoir visé 2,7 %), ce qui l’aurait fait sortir, enfin, de la procédure pour déficit excessif dans laquelle la France est engluée depuis 2009. Seule l’Espagne, dans la zone euro, est encore dans la même situation, mais son économie a été bien plus frappée lors de la crise financière et repart désormais très vite. « Nous sommes en mai, tout est jouable : le redressement des comptes et la sortie de la procédure de déficit excessif », a voulu rassurer Pierre Moscovici en démentant mettre une quelconque pression sur le nouveau président français.

Emmanuel Macron s’est engagé à respecter l’objectif d’un déficit en dessous de 3 % tout au long de son mandat, mais refuse de commencer son quinquennat par un tour de vis budgétaire pour corriger la gestion de ses prédécesseurs. Cependant, le non-respect par la France de l’objectif de revenir « nettement en dessous » de 3 % en 2017, comme elle s’y est engagée, devrait compliquer les négociations avec ses partenaires, au premier rang desquels l’Allemagne, pour un rééquilibrage indispensable de la zone euro. « Le président de la République élu connaît bien les règles européennes, il connaît les engagements de la France. Je souhaite que la France saisisse l’opportunité de sortie de la procédure de déficit excessif », a voulu rassurer Pierre Moscovici.

« Avec la France, nous avons un problème particulier » (Jean-Claude Juncker)

Lundi, le lendemain de la victoire du candidat d’En marche !, le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, avait mis la pression sur le nouveau président en déclarant depuis Berlin : « Avec la France, nous avons un problème particulier… Les Français dépensent trop et ils dépensent beaucoup dans des domaines qui ne sont pas bons. Cela ne pourra pas perdurer. »

La question est d’autant plus sensible qu’Emmanuel Macron entend transformer 19 milliards de CICE en baisse de charges pérennes en 2018, ce qui devrait compter double dans les comptes et donc dégrader le déficit public de 1 % de PIB. Le président espère faire avaler la pilule à Bruxelles en faisant valoir qu’il ne s’agit là que d’une mesure « ponctuelle et temporaire ». Mais cet argument passerait beaucoup plus facilement si la France revenait sous la barre des 3 % dès la fin de l’année.

Réduction du déficit budgétaire nécessaire à partir de 2018

En 2018, Emmanuel Macron devra, en tout cas, poursuivre l’ajustement budgétaire. À politique constante, le déficit français se creuserait de nouveau, jusqu’à 3,2 %, selon les prévisions de Bruxelles, qui table pourtant sur une croissance nettement plus forte, à 1,7 %. Le nouveau chef de l’État français a, de son côté, promis de réduire le déficit à 2,8 %, à condition que celui-ci ne dérape pas au-dessus de 3 % cette année.

En cas de déficit supérieur en 2017, la Commission n’aurait d’autre choix que de proposer des sanctions financières contre la France de 0,2 % du PIB, soit un peu plus de 4 milliards d’euros, un chiffre qui peut être ramené à zéro, dans certaines circonstances. Pierre Moscovici avait déjà utilisé cette porte de sortie l’année dernière pour l’Espagne et le Portugal, au vu de leurs efforts de réduction du déficit ces dernières années.

A suivre dans Le Point

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