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ÉDITORIAL

Une croissance mondiale 2017-18 difficile à appréhender

Les prévisions de l’OCDE sont réservées…

avril 2017


L’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), qui a pour mission de « promouvoir les politiques pour le bien-être économiques et sociales dans le monde », fait un pronostic réservé pour la croissance en 2017 et 2018. Mais faire des prévisions de croissance économique est toujours un exercice difficile. Quelles que soient la qualité et la pertinence des experts, ils ne sont pas nécessairement du même avis. A partir de données identiques, leurs approches sont parfois différentes. Ils sont souvent plus performants sur l’analyse du passé que sur la prévision du futur. Certes l’exercice n’est pas facile compte tenu des paramètres extrinsèques et des contextes politiques, liés à une part d’imprévisible non maîtrisable.

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De la part de l’OCDE

Une croissance mondiale modeste s’amorce, mais des risques et vulnérabilités pourraient compromettre la reprise


La croissance économique mondiale devrait selon les prévisions s’établir à 3.3 % en 2017 et repartir modestement à la hausse l’année prochaine pour ressortir aux alentours de 3.6 %, mais les perspectives sont assombries par plusieurs facteurs comme les risques d’une hausse du protectionnisme, l’existence de vulnérabilités financières ou encore la volatilité potentielle des marchés de capitaux due à la divergence des trajectoires des taux d’intérêt et à la déconnection entre les évaluations des marchés et l’activité réelle, selon l’OCDE.

Des améliorations surtout liées à de multiples initiatives par pays

L’amélioration prévue tient en grande partie à la poursuite de la mise en œuvre, ou à l’adoption attendue, d’un ensemble d’initiatives budgétaires dans les principales économies, notamment la Chine, le Canada et les États-Unis, conjuguées à une orientation de l’action publique dans la zone euro qui s’annonce légèrement plus expansionniste et qui pourrait être plus ambitieuse encore. De telles politiques sont nécessaires pour catalyser la demande privée afin de stimuler l’activité mondiale et de réduire les inégalités (…)

Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE – source : ocde.org


Commentant les perspectives économiques, le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría a déclaré : « La croissance reste trop modeste et ses avantages trop étroitement partagés pour que les populations durement touchées par la crise (…) Les gouvernements doivent, plus que jamais, prendre des mesures pour rétablir la confiance des citoyens (…) »

Parmi les plus importants, le risque d’un regain de protectionnisme (…), l’expansion rapide du crédit au secteur privé et le niveau relativement élevé de l’endettement constituent une menace majeure dans plusieurs économies émergentes, en particulier en Chine (…)

Le niveau élevé des valorisations sur les marchés de capitaux paraît déconnecté des perspectives de l’économie réelle, avec une hausse de la consommation et de l’investissement qui reste en demi-teinte, et des risques de tensions sur les marchés de capitaux internationaux (…) Le coût social de la crise et le creusement des inégalités sont deux problèmes pour rendre la croissance plus inclusive et pour réduire les pressions en faveur de mesures protectionnistes et d’autres réponses relevant du populisme.

La Chef économiste de l’OCDE Mme Catherine L. Mann a déclaré : « Le redressement de la croissance en provenance de pays ayant pris des initiatives budgétaires est globalement bienvenu (…) Une action cohérente et volontaire de la part des pouvoirs publics est nécessaire pour (…) relever les taux de croissance et améliorer l’inclusivité. »

Evolution et projection des taux de croissance 2017-2018 – source : ocde.org


Quelques prévisions chiffrées…

Aux États-Unis, la demande intérieure devrait s’affermir, portée par une augmentation du patrimoine des ménages et par un redressement progressif de la production pétrolière. La hausse du PIB devrait repartir pour s’établir à 2.4 % cette année et 2.8 % en 2018, grâce à l’expansion budgétaire attendue et malgré le relèvement des taux d’intérêt à long terme et le raffermissement du dollar.

La croissance devrait se poursuivre à un rythme modéré dans la zone euro, mais rester freinée dans certains pays par le niveau obstinément élevé du chômage et du sous-emploi, en particulier chez les jeunes, ainsi que par la faiblesse du secteur bancaire. Dans l’ensemble de la zone, le PIB devrait progresser au taux annuel de 1.6 % en 2017 comme en 2018.

Au Japon, l’assouplissement budgétaire et l’amélioration du taux d’activité des femmes contribueront au redressement de la hausse du PIB, qui devrait s’établir à 1.2 % cette année contre 1.0 % en 2016 (…)

En Chine, la croissance devrait continuer de baisser pour ressortir à 6.5 % cette année et 6.3 % en 2018, à mesure que l’économie, auparavant dépendante de la demande extérieure et de l’industrie lourde, opérera sa nécessaire transition au profit de la consommation intérieure et des services.

Au Brésil comme en Russie, après une récession profonde, la hausse des prix des matières premières et le ralentissement de l’inflation vont jouer en faveur d’une reprise.

Selon l’OCDE, les gouvernements doivent gérer les risques, accroître la résilience économique et renforcer l’environnement propre à stimuler la croissance, en améliorant la productivité aussi bien que l’inclusivité. Mettre l’accent sur des politiques publiques permettant d’intégrer des mesures structurelles dans des initiatives budgétaires permettrait de moins solliciter les instruments de la politique monétaire dans les économies avancées et contribuerait à stimuler les échanges, l’investissement, la productivité et les salaires.

L’OCDE

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