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Mars 2017

OTAN : coup de semonce des Etats-Unis

mars 2017


Du 02/03/2017 par Jean Claude Allard, Général de division (2° S), pour Causeur

Trump ne veut plus participer au traitement de toutes les crises. A l’inverse, pour les pays européens, la dimension militaire de l’OTAN importe de plus en plus (…) Analyse d’intérêts divergents (…)

Trump estime que les Européens ne font pas les efforts suffisants pour équilibrer la contribution américaine au sein de l’OTAN, allant même jusqu’à menacer de ne pas remplir ses obligations si les Européens ne remplissait pas les leurs.

Trump accuse le laxisme européen

Ce message a été retransmis le 15 février 2017 aux ministres de la défense européens, lors d’une réunion à Bruxelles, par Jim Mattis, le ministre de la Défense américain (…) Une différence d’analyse qui reflète bien les positions politiques de chaque côté de l’Atlantique. Les Européens estiment avoir besoin de la puissance militaire américaine alors que les Etats-Unis (…) veulent reporter leurs efforts militaires sur le Pacifique (…)

Il faut mettre en évidence les lignes de forces structurant la relation transatlantique pour comprendre la portée des multiples déclarations sur la question de la défense de l’Europe et de l’OTAN (…)

Une OTAN en plusieurs strates

L’organisation civile, avec notamment le Conseil de l’Atlantique nord (CAN), régule les processus de la décision politique alors que l’organisation militaire intégrée, sous les ordres du SACEUR (Supreme Allied Command in Europe ou Commandant suprême des forces alliées en Europe) constitue une architecture d’états-majors et de troupes prêts à réagir. Cette structure permanente (…) a été, dans plusieurs de ces opérations, le bras armé du Conseil de sécurité.

Il faut donc d’abord comprendre que « l’organisation » n’est qu’un outil bifide (politique/militaire) de « l’Alliance ». L’administration américaine prend bien en compte cette distinction pour porter ses critiques sur un rééquilibrage entre États membres pour la création et l’entretien de la caisse à outils militaires et non les chantiers sur lesquels les employer (décision politique).

En effet, l’organisation politique (CAN) est la seule instance dans laquelle États-Unis et autres pays occidentaux peuvent se retrouver pour parler de sujets politiques (…) De leurs côtés, les pays membres ont intérêt à conserver cette organisation politique qui leur permet d’avoir un droit de regard sur toute opération de l’OTAN même s’ils n’y participent pas (…) (raisons pour lesquelles, par exemple, les pays membres avaient insisté pour faire conduire les opérations en Libye par l’OTAN).

Pour la Maison blanche (…), le nouveau président ne veut plus participer au traitement de toutes les crises, donc l’outil devient moins utile pour lui. A l’inverse, pour les pays européens, la dimension militaire importe de plus en plus, car elle est garante de l’existence d’une capacité de défense, à moindre coût, grâce à la puissance américaine (...)

Des Européens conscients mais coincés

Certes, l’on peut supposer que les dirigeants européens sont conscients de la vulnérabilité de leur défense face aux menaces grandissantes. Qu’elles soient sur leurs frontières Est ou résultent du développement d’une idéologie islamiste fortement anti-occidentale en voie de s’installer solidement, si elle n’est pas contrecarrée à temps, sur ses frontières sud, de l’Atlantique jusqu’en Asie centrale. Mais ils sont bloqués par la situation de fait créée par leurs politiques d’augmentation des dépenses publiques corrélées à une diminution des dépenses de défense. (…)

Il ne s’agit donc pas d’un bras de fer entre un président « imprévisible » et des dirigeants plus enclins aux formes diplomatiques classiques mais de répondre à une question de fond : les Etats-Unis reviendront-ils en Europe, en cas de besoin, au cri de « Lafayette, nous voici » ?

La réponse est dans une appréciation de situation géopolitique partagée sur deux sujets majeurs : la Russie, et les dossiers conflictuels ouverts par la précédente Administration rejointe par de nombreux pays européens ; l’islamisme, comme idéologie conquérante. Sur tous les autres dossiers, et notamment la Chine ou les principes du commerce international, l’administration Trump semblerait avoir fait le choix de ne plus y associer l’Europe. Et elle est ensuite sur la nature de la stratégie à mettre en place face à ces différents sujets.

Et, qu’il s’agisse d’analyse géopolitique ou de stratégie, le président Trump ouvre clairement de nouvelles perspectives, qu’il s’agit désormais d’explorer.

A suivre dans Causeur

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