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Février 2017

Présidentielle : les électeurs plus indécis que jamais ?

février 2017


Du 21/02/2017 par Lucas Burel avec AFP pour L’Express

Selon un sondage Odoxa publié ce weekend, plus d’un Français sur deux n’a toujours pas choisi le candidat qu’il soutiendra lors de la présidentielle.

A deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, bien malin celui qui sera capable de donner avec certitudes les résultats du 23 avril prochain. Électorat indécis et fluctuant selon les sondages, casting chamboulé par les primaires au résultat inattendu, campagne qui peine à démarrer sous le poids des affaires, le scrutin a des allures d’équation à multiples inconnues.

Un Français sur deux n’a pas encore fait son choix

Selon un sondage Odoxa publié dimanche, moins d’un Français sur deux (46%) qui pensent aller voter lors du premier tour a déjà choisi son candidat. Même les plus politisés d’entre eux hésitent, note l’enquête qui évoque une "volatilité inhabituellement forte" à laquelle seul l’électorat du Front national échappe - 81% des sympathisants FN assurant avoir décidé de leur vote.

"Le rapport de force est très favorable à Marine Le Pen, l’électorat d’extrême droite étant toujours très mobilisé. Cela s’est d’ailleurs vérifié lors de toutes les élections intermédiaires depuis 2012", note Erwan Lestrohan, directeur d’études à l’institut BVA.

Mais pour le reste, difficile d’établir des pronostics fiables en l’absence de socles électoraux solides, d’autant qu’Emmanuel Macron, régulièrement donné en seconde position au premier tour, est un des candidats dont l’électorat présente le moins de garanties avec seulement 33% d’électeurs certains de leur choix, contre 61% pour ceux de François Fillon, ou 39% pour ceux de Benoît Hamon, selon l’enquête électorale du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) publiée la semaine dernière.

Une envie de renouveau... qui laisse les électeurs déboussolés

Le parti des indécis, premier parti de France ? La faute aux déceptions nées des quinquennat de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, confirment les sondeurs contactés par L’Express. Autre élément à ne pas sous-estimer, selon eux : la disqualification lors des primaires des favoris tels Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls.

"Les électeurs ont clairement affiché leur envie de renouvellement mais désormais ils se retrouvent face à des candidats qu’ils connaissent moins bien et pour qui le vote n’est plus automatique", avance Yves-Marie Cann, directeur des études politiques chez Elabe.

"Le niveau d’incertitude est lié principalement à deux phénomènes. En raison de la dégradation de l’image des partis politiques, on assiste d’une part à un délitement de l’affiliation partisane et à un éparpillement des socles électoraux de 2012 qui rend le jeu plus ouvert. Ensuite, la présence d’une offre très forte au centre avec Emmanuel Macron, compatible à la fois avec les aspirations des électeurs de gauche et de droite, crée une perturbation importante", estime également Emmanuel Rivière, directeur général de l’institut de sondage Kantar Public, qui relève les côtes d’avenir "très faibles" des candidats par rapport à l’élection présidentielle de 2012.

Une participation en question

Reste la question de la participation, une des clés du scrutin. Pour le moment, entre 75% et 80% d’électeurs se disent "intéressés" par l’élection, un taux comparable à ceux observés à la même période en 2007 et 2012. Mais le comportement particulièrement imprévisible de l’électorat ces derniers mois invite à la prudence. D’autant que les sondages indiquent a minima l’impact très fort des affaires sur les intentions de vote, en témoigne la dégringolade sondagière de François Fillon depuis le début du Penelopegate.

D’un côté, le renouvellement de l’offre et la forte probabilité de voir Marine Le Pen au second tour, pourrait jouer en faveur de la participation -notamment à gauche pour faire barrage au FN-, mais de l’autre la pauvreté de la campagne et l’absence actuelle de débats de fond incitent plutôt à l’abstention et risquent de favoriser la candidate FN.

"Cette élection est atypique dans le sens où elle redéfinit la définition de l’offre de premier tour. En 2007 puis en 2012, le duel droite-gauche était bien établi et le casting du second tour ne laissait que peu de place aux doutes. Cette année, c’est le 23 avril [date du premier tour] qui est au coeur de l’attention des médias et des électeurs", note Erwan Lestrohan. En attendant des résultats historiques ? Pour la première fois sous la Ve République, la droite et la gauche classiques pourraient être absentes du second tour de la présidentielle.

A suivre dans L’Express

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