Avec " Actualité et Propos de presse" , l’information, c’est au quotidien..., la “Lettre” est bimensuelle...
Accueil du site > PROPOS DE PRESSE > Novembre 2016> Suppression d’emplois publics : la vraie question

Novembre 2016

Suppression d’emplois publics : la vraie question

novembre 2016


Du 23/11/2016 par Georges Fischer pour le Point

LE CERCLE/HUMEUR - François Fillon et Alain Juppé, qualifiés pour le second tour de la primaire de la droite, proposent de supprimer des milliers de postes d’agents publics. Comment comptent-ils s’y prendre ? Nous attendons encore de connaître leur méthode.

250.000 à 300.000 suppressions de postes dans la fonction publique pour Alain Juppé. 500.000 pour François Fillon (...) Essayons donc d’y voir un peu plus clair et de rendre cette analyse un peu plus objective (...)

Une réalité indiscutable : la France possède l’appareil public le plus important en Europe. Fin 2014, l’Insee recensait 5,6 millions d’agents au sein de l’Etat, des collectivités locales, des hôpitaux publics et des établissements publics.

En équivalent temps pleins, hors contrats aidés, il y avait à la même date, 2,3 millions de fonctionnaires de l’Etat, 1,8 dans la fonction territoriale et 1,1 dans les hôpitaux publics. Dès lors, dira-t-on d’un côté, 500.000 agents publics (et non fonctionnaires seuls) de moins sur cinq ans, cela fait à peine 9% de moins alors même que plus d’un million de ces agents devraient partir à la retraite sur la même période (...)

Une question de méthode

Ce qui nous amène enfin à la vraie question : ce qui compte au-delà des chiffres, ce qui demande à être éclairci au-delà des slogans, c’est la méthode : qui, quand, où, comment… et pourquoi ? Disons-le tout net : ne pas remplacer un départ sur deux est un objectif global, non une approche service par service (...)

Ce qu’on attend maintenant des candidats, comment mettre en oeuvre cette cure d’amaigrissement : sur quelles fonctions et comment se répartiront les départs définitifs, où se feront les transferts pour renforcer les fonctions qui en ont besoin (sécurité, hôpitaux…), à quel rythme se fera la montée en régime de ce vaste chantier de réorganisation ?

Au-delà de quelques mesures mécaniques et immédiates, au-delà de l’effort de dématérialisation à poursuivre et accélérer pour améliorer la productivité, cela suppose en effet des réformes de fond sur deux aspects.

Strates administratives

Premier aspect : la sempiternelle question du mille-feuilles administratif (...) Arrivée des Métropoles, suppression des départements ? Pousser plus fort vers les regroupements de communes et interdire aux communes qui s’y adonnent de continuer à augmenter leurs effectifs ?

Transférer les effectifs et les budgets à ceux à qui on transfère les responsabilités ? Mettre fin à l’empilement d’organismes de même nature (agences de développement, offices de tourisme…) à tous les échelons ? Rationaliser les coopérations entre organisations plutôt que s’approprier des fonctions et les coûts qui vont avec ?

En tout état de cause, les décisions à prendre doivent cesser d’être purement politiques, voire improvisée (...)

Le dilemme public/privé

Second aspect : l’analyse de la valeur des activités administratives. Elle aussi longtemps promise, cette approche essentielle est restée dans les limbes ou, en tout cas, n’est appliquée que de manière partielle et sporadique. Elle consiste à se poser la question de ce qui relève encore aujourd’hui de la sphère du service public et ce qui peut être dévolu au privé (...)

Six mois pour la droite

Oui, la situation budgétaire impose des efforts en termes de rationalisation de l’appareil public, oui, cet appareil public est atteint d’obésité, oui, il y a des gains d’efficacité à en attendre et oui, la potion est d’autant plus amère qu’on a trop longtemps refusé les traitements (plus doux…) qui s’imposaient. Mais, les slogans chiffrés n’y suffiront pas.

Si la droite l’emporte, il lui reste à peine six mois pour se préparer, définir et annoncer les modalités de réalisation de cette promesse. Quant à la gauche (si elle devait gagner), qu’elle y prenne garde : comme pour la TVA sociale (transformée en CICE), comme pour la compétitivité des entreprises, comme pour l’âge de la retraite, refuser la réalité pour se faire élire vous revient à la figure comme un boomerang une fois au pouvoir.

à suivre dans Les ECHOS

Commentaire de CE21 :

Entre le dire et le faire...

Cette primaire montre les limites du discours et l’importance des slogans. Des chiffres, des mots comme de coutume, transformés en référence absolue.

Les propos sont loin de la réalité. Le débat actuel sur les fonctionnaires est à côté du sujet. Il n’est pas inutile, mais il n’est pas la question. Avec près de 6 millions de personnes sans emploi, totalement ou partiellement, dont plus de la moitié est indemnisée, c’est le retour à l’activité et à l’emploi qui est essentiel.

Faute de savoir comment y parvenir, aucun d’entre eux n’aborde le sujet sur le fond. C’est pourquoi "entre le dire et le faire, il y a la mer" (proverbe).

Club Espace 21

Retour
Contact / Plan du site / Mentions légales    © P.RO COM - 2012